Afreximbank prépare la connexion de son système PAPSS à InstaPay, le réseau de paiement instantané égyptien. Six banques du pays attendent le feu vert de la Banque centrale pour rejoindre le dispositif.
Le directeur général du PAPSS, Mike Ogbalu, a indiqué que six banques égyptiennes ont sollicité l’approbation finale de la Banque centrale d’Égypte, et que le raccordement permettrait aux commerçants de régler leurs partenaires africains en monnaies locales plutôt qu’en dollars. La connexion technique est visée pour le premier trimestre 2027, et les premières transactions des banques pilotes avant la fin de 2026.
L’infrastructure a changé d’échelle. Le PAPSS opère dans 30 pays africains avec plus de 200 banques et prestataires raccordés ; il revendique une baisse du coût des transferts intra-africains pouvant atteindre 95 % et des délais ramenés à 120 secondes au plus. La Banque centrale d’Égypte a rejoint le système en novembre 2024.
L’intérêt égyptien tient à la structure de ses échanges. L’Égypte dégage un excédent commercial d’environ 3,2 milliards de dollars avec les pays membres du PAPSS, alors qu’elle est déficitaire avec la Chine, les États-Unis et le Golfe. Réduire les frictions sur l’une des rares relations commerciales qui lui sont favorables revêt donc une valeur stratégique. En 2025, le pays représentait 4,35 % du commerce intra-africain, soit environ 9,59 milliards de dollars, en hausse de 46 % depuis 2022, avec pour principaux débouchés l’Algérie, la Libye, le Maroc, le Soudan et la Tunisie. Le Maghreb est ainsi au premier rang des marchés concernés.
Les limites sont réelles. Les économistes interrogés soulignent que le dispositif réduit le rôle d’intermédiaire du dollar sans l’éliminer, et qu’InstaPay, conçu pour le marché domestique, nécessite une passerelle transfrontalière encore à construire. L’effet portera sur les coûts et les délais de règlement plus que sur la balance des devises.
Pour les entreprises marocaines, tunisiennes ou sénégalaises qui commercent avec l’Égypte, le gain concret dépendra du nombre de banques effectivement raccordées de chaque côté, des devises convertibles au lancement et de la tarification. La zone de libre-échange continentale trouve toutefois dans les paiements l’un de ses chaînons les plus tangibles.
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