La Corée du Sud et l’Afrique veulent donner un nouvel élan à leur coopération économique en misant sur l’intelligence artificielle (IA), les infrastructures numériques et l’innovation, à l’occasion de la 8e Conférence ministérielle de la Coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), prévue du 8 au 11 septembre à Séoul.
Placée sous le thème « Exploiter l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques pour la transformation de l’Afrique », la 8e Conférence ministérielle de la Coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC) réunira des ministres africains, des responsables sud-coréens, des partenaires au développement, des investisseurs, des dirigeants d’entreprises ainsi que des innovateurs et promoteurs de start-up.
L’objectif sera d’identifier de nouvelles pistes permettant d’utiliser les technologies et les investissements pour accélérer la transformation économique du continent, renforcer ses capacités productives et favoriser la création d’emplois.
Cette édition intervient dans un contexte particulier, puisqu’elle marque le 20e anniversaire de la KOAFEC, créée en 2006. Cette plateforme constitue aujourd’hui l’un des principaux cadres de coopération économique entre la Corée et l’Afrique, avec le concours du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), du ministère coréen de l’Économie et des Finances et de la Banque coréenne d’import-export (KEXIM).
Le président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, conduira la délégation de l’institution à Séoul. Il s’agira de sa première visite officielle en Corée depuis sa prise de fonction à la tête de la Banque.
Au-delà de l’intelligence artificielle et du numérique, les échanges porteront notamment sur l’énergie, les technologies de l’information et de la communication, l’industrie manufacturière et l’innovation. Pour la BAD, ces secteurs constituent des leviers essentiels pour permettre à l’Afrique de mieux valoriser ses ressources, son potentiel démographique et l’élargissement de son marché continental.
Le continent demeure toutefois confronté à d’importants besoins en matière de financement, d’infrastructures, de compétences et d’accès aux technologies. La BAD estime ainsi à plus de 400 milliards de dollars par an le déficit de financement du développement en Afrique.
Dans ce contexte, le partenariat avec la Corée apparaît comme un instrument destiné à mobiliser davantage de capitaux et de savoir-faire technologique en faveur des économies africaines.
Depuis sa création en 2007, le Fonds fiduciaire KOAFEC a consacré quelque 50 millions de dollars à la préparation de projets. Ces ressources ont contribué à constituer un portefeuille d’investissements de plus de six milliards de dollars et à mobiliser environ quatre milliards de dollars de financements dans plusieurs secteurs, dont l’énergie, l’agriculture, le numérique, les infrastructures, les ressources naturelles et le développement du secteur privé.
La coopération a également permis d’accompagner plus de 1 300 start-up et entrepreneurs, de soutenir plus de 1 200 entreprises et de contribuer à la création de plus de 5 000 emplois.
Pour les deux parties, le 20e anniversaire de la KOAFEC constitue donc moins une étape commémorative qu’une occasion de redéfinir les priorités du partenariat. L’ambition est notamment de permettre à l’Afrique de mieux tirer parti de la révolution numérique et de renforcer sa participation aux nouvelles chaînes de valeur mondiales.
La conférence de Séoul devrait aboutir à l’adoption d’une Déclaration conjointe fixant les grandes orientations de la coopération future. Elle devrait également déboucher sur le lancement du Plan d’action KOAFEC 2027-2028.
Ce nouveau cadre devrait couvrir plusieurs domaines prioritaires, notamment l’intelligence artificielle et la transformation numérique, l’énergie, les infrastructures, le commerce, le développement du secteur privé et le capital humain.
À travers cette nouvelle étape, Séoul et les institutions africaines souhaitent rapprocher davantage la technologie, les investissements et les compétences des besoins des économies africaines. L’enjeu sera de transformer le potentiel du continent en davantage d’industries, de valeur ajoutée, d’emplois et de croissance inclusive.
TE/Sf/APA







