Près d’un mois en mer, une pirogue surchargée et un bilan humain qui dépasse les 80 morts : la traversée vers les Canaries s’est transformée en tragédie pour des dizaines de migrants partis de Gambie, selon la Plateforme Sur les traces du migrant (SLTM).
Plus de 80 personnes, dont un nourrisson, sont mortes à bord d’une pirogue partie de Gambie et secourue au sud des Canaries après 26 à 27 jours de dérive en mer, a rapporté jeudi la Plateforme Sur les traces du migrant (SLTM).
Selon la Plateforme, 128 personnes avaient embarqué à bord de l’embarcation au début du mois d’août. Seuls 45 passagers ont survécu à la traversée, tandis que cinq corps se trouvaient encore à bord au moment du sauvetage.
La pirogue a été repérée mercredi après-midi par un avion de surveillance à environ 120 kilomètres au sud de Grande Canarie. Le navire de sauvetage Guardamar Urania est intervenu dans la nuit de mercredi à jeudi pour porter secours aux survivants.
En raison du mauvais état de la mer, les sauveteurs n’ont pas pu récupérer les cinq dépouilles présentes à bord, qui sont restées sur l’embarcation.
Les 45 rescapés, dont 44 hommes et une femme selon les premières informations, ont été évacués vers le quai d’Arguineguín, dans la commune de Mogán, où ils ont été pris en charge par les services compétents et la Croix-Rouge.
La SLTM indique que la Guardia Civil a confirmé à l’ONG espagnole Caminando Fronteras que les inscriptions relevées sur la coque correspondaient à une pirogue partie de Gambie début août avec 128 personnes à bord, parmi lesquelles figuraient quatre femmes et un nourrisson.
Les survivants ont également raconté aux équipes de la Croix-Rouge, lors de leur prise en charge à Arguineguín, être partis vers les Canaries à plus d’une centaine et que plusieurs passagers étaient morts au cours de la traversée.
La Plateforme Sur les traces du migrant poursuit ses vérifications afin d’établir l’identité et la nationalité des victimes et des survivants, notamment pour déterminer la présence éventuelle de ressortissants sénégalais parmi les passagers.
Ce nouveau drame met en évidence les conditions extrêmement périlleuses des traversées de l’Atlantique depuis les côtes ouest-africaines vers l’archipel des Canaries, marquées par de longues périodes en mer et des embarcations particulièrement précaires.
AC/Sf/APA







