L’Algérie dispose donc d’atouts énergétiques réels, mais son ambition de devenir un «moteur» durable de la sécurité énergétique demeure fragile.
L’Algérie multiplie les projets énergétiques en Afrique et les annonces de diversification vers l’Europe, mais cette offensive masque des contraintes persistantes : dépendance aux hydrocarbures, besoins massifs d’investissement, projets transfrontaliers incertains et transition énergétique encore embryonnaire.
L’Algérie cherche à conforter son statut de fournisseur énergétique régional en s’appuyant sur Sonatrach et Sonelgaz, avec une multiplication des initiatives en Afrique et en Europe. Derrière cette stratégie offensive, la capacité du pays à transformer ces projets en avantage durable reste toutefois incertaine.
L’économie demeure fortement exposée aux hydrocarbures, tandis que plusieurs infrastructures présentées comme stratégiques nécessiteront encore des investissements considérables, une coordination internationale complexe et des années avant d’atteindre leur pleine capacité.
En Afrique, Sonatrach tente notamment d’étendre son empreinte au Sahel. La compagnie nationale a effectué vendredi ses premières livraisons de carburant Jet A1 depuis la raffinerie d’Adrar vers le Niger. L’opération illustre la volonté d’Alger de renforcer ses débouchés régionaux, mais intervient dans un environnement sahélien marqué par l’instabilité politique, les risques sécuritaires, la faiblesse des infrastructures et des capacités financières limitées. Autant de facteurs susceptibles de compliquer la transformation de ces initiatives ponctuelles en marchés commerciaux durables.
Le gazoduc transsaharien (TSGP) concentre davantage encore ces incertitudes. Long de 4 130 kilomètres et doté d’une capacité théorique de 30 milliards de mètres cubes par an, le projet doit transporter le gaz nigérian à travers le Niger jusqu’aux infrastructures algériennes avant son acheminement vers l’Europe.
Les travaux du tronçon algérien ont été lancés en juin, mais l’ampleur financière du chantier, la traversée de territoires exposés aux menaces sécuritaires et la nécessité d’une coordination permanente entre trois États entretiennent les interrogations sur son calendrier et sa viabilité économique.
Alger mobilise parallèlement Sonelgaz dans une diplomatie énergétique africaine coûteuse. Une centrale électrique de 40 MW, composée de deux turbines à gaz de 20 MW, a été offerte au Niger et inaugurée en juin à Gorou Banda.
Une installation de même capacité, entièrement financée par l’Algérie, est également prévue au Tchad. Si ces projets renforcent l’influence diplomatique d’Alger, ils soulèvent aussi la question de leur coût pour un État appelé simultanément à moderniser ses propres infrastructures et à financer sa transition énergétique.
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