Converti dans l’agro-entrepreneuriat depuis son retour en Côte d’Ivoire, Blé Goudé a vu son investissement anéanti après l’abattage des bêtes de sa ferme porcine, située dans le campement de Petit Bondoukou.
Le leader du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep, opposition), Charles Blé Goudé, a publié une vidéo largement relayée pour dénoncer la situation de sa ferme et défendre la filière porcine ivoirienne.
La réponse de Charles Blé Goudé vise directement un certain M. Anoma, identifié comme l’un des agents ayant mené l’opération d’abattage, qui reprochait à l’ex-leader de la galaxie patriotique d’avoir « fait une vidéo ».
« M. Anoma, ne me provoquez pas, ne me provoquez plus jamais », a martelé Charles Blé Goudé, avant d’ajouter : « Vous auriez voulu quoi ? Que j’applaudisse, que je danse, que je festoie parce que vous avez anéanti mon investissement ? »
« Je n’accepte pas la manière dont vous avez voulu banaliser ce qui m’est arrivé. Mon personnel est aujourd’hui au chômage », a-t-il fustigé, dénonçant le manque d’empathie face à un sinistre qui frappe de nombreux producteurs dans le silence.
Malgré ce coup dur, l’agro-entrepreneur et président du Cojep, affiche sa résilience : « Je recommencerai une fois, deux fois, jusqu’à ce que j’atteigne l’objectif d’être parmi les grands producteurs de porcs dans ce pays. »
Au-delà de son cas personnel, Charles Blé Goudé a inscrit son discours sur la filière porcine dans une dimension macroéconomique, qualifiant la production de viande de porc de « sujet d’intérêt national ».
Selon ses recherches, la demande nationale en Côte d’Ivoire oscille entre 60 000 et 100 000 tonnes par an, alors que la production locale ne couvre que 10 à 17 % des besoins de consommation. Le pays dépend donc des importations à hauteur de 83 à 90 %.
« Notre pays peut se donner les moyens de s’autosuffir. Il faut encourager la production locale pour créer des emplois », a-t-il soutenu, tout en rappelant les ravages de la Peste Porcine Africaine (PPA). Depuis 2024, cette épizootie a entraîné l’abattage de près de 107 000 bêtes à travers le pays, impactant plus de 1 500 acteurs du secteur.
Charles Blé Goudé s’est fait le porte-parole d’une corporation en détresse, révélant que certains éleveurs attendent leur indemnisation depuis plus de deux ans et que dix d’entre eux sont malheureusement décédés sans rien toucher.
L’homme politique a ainsi adressé un message direct au ministère des Ressources animales et halieutiques pour demander un meilleur accompagnement. Il suggère notamment d’utiliser les taxes perçues sur les importations de viande porcine pour soutenir les producteurs locaux face à la flambée des coûts.
Il a par ailleurs pointé du doigt les récentes décisions fiscales, déplorant l’application d’une taxe de 9 % sur les aliments pour bétail, une mesure qui, selon lui, complique lourdement le travail des éleveurs sur le terrain.
AP/Sf/APA







