Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a défini les grandes orientations du projet de loi de finances (PLF) 2027, en mettant l’accent sur la transformation économique, les infrastructures, la digitalisation de l’État et une gestion plus rigoureuse des finances publiques.
Dans une lettre circulaire adressée le 31 juillet au Premier ministre et aux membres du gouvernement, le chef de l’État tchadien présente le budget 2027 comme une étape déterminante de son mandat. Il demande que ce projet de finances traduise en mesures concrètes les douze chantiers et cent actions de son programme, désormais intégrés au Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».
Placée sous le signe de la « connexion », la stratégie gouvernementale vise à renforcer les liens entre les territoires, les administrations, les citoyens, les marchés, les services publics et les investissements. Les autorités ambitionnent ainsi de porter la croissance économique à 7,3 % grâce au dynamisme attendu des services financiers, du numérique, du tourisme, des industries extractives, de l’agriculture et de l’élevage.
Le document prévoit également un vaste programme d’investissements dans les infrastructures, comprenant l’achèvement de plusieurs routes et corridors, la modernisation des aéroports, le développement de la navigation fluviale et lacustre, l’extension de la fibre optique ainsi que l’amélioration de l’accès à l’électricité dans le cadre de l’initiative Mission 300.
La transformation numérique de l’administration figure parmi les principaux axes de réforme. Le gouvernement prévoit notamment la généralisation du virement électronique normalisé à partir de 2027, l’interconnexion des systèmes fiscaux, douaniers et fonciers, ainsi que la création d’entreprises entièrement dématérialisée.
Le président a également confirmé qu’à compter du 1er janvier 2027, les détenteurs d’un passeport africain pourront entrer au Tchad sans visa, conformément à une décision annoncée lors du Forum africain de l’eau organisé à N’Djaména en juillet 2026.
Dans le secteur productif, le gouvernement entend accélérer la prospection minière et promouvoir la transformation locale des ressources. Concernant la filière bétail-viande, l’exportation de bétail sur pied sera interdite à partir du 1er janvier 2028, afin de favoriser le développement des abattoirs, des chaînes du froid et des infrastructures logistiques.
Le projet de budget accorde aussi une place importante au développement du capital humain, à travers les investissements dans l’éducation, la santé, l’emploi des jeunes, l’autonomisation des femmes et le sport.
Le renforcement de la défense nationale, de la sécurité intérieure et de la cybersécurité figure également parmi les priorités.
Sur le plan budgétaire, Mahamat Idriss Déby Itno exige une stricte maîtrise des dépenses publiques, la rationalisation des exonérations fiscales et l’évaluation systématique de l’impact de toute nouvelle dépense. Un dispositif de suivi, appuyé par des tableaux de bord ministériels et des rapports périodiques, devra permettre de contrôler l’exécution physique et financière des engagements gouvernementaux.
Le chef de l’État conclut en appelant son gouvernement à faire de « chaque franc public un levier de progrès », en privilégiant la rigueur, l’efficacité et les résultats.
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