Le gouvernement malien a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie d’industrialisation de la filière coton avec l’adoption, mercredi 29 juillet, des textes portant création de la Société des Textiles du Mali (SOTEX-Mali). Cette nouvelle entreprise publique accompagnera la mise en place d’une usine dotée d’une capacité annuelle de transformation de 40 000 tonnes de fibre de coton, afin de renforcer la valeur ajoutée locale.
Selon le gouvernement de Bamako, la SOTEX-Mali dont la création a été officialisée le 29 juillet interviendra sur l’ensemble de la chaîne de valeur textile, notamment dans la filature, le tissage, le tricotage, la teinture et l’ennoblissement des tissus. Elle assurera également la confection, le conditionnement et la commercialisation de produits textiles et d’habillement.
La nouvelle société aura aussi pour mission de promouvoir la formation professionnelle, la recherche, le développement et l’innovation dans le secteur, avec l’objectif de mieux intégrer la production cotonnière aux différentes étapes de transformation industrielle.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de réduire la dépendance du pays aux exportations de matières premières. Actuellement, près de 98 % du coton malien est exporté sous forme de fibre, sans transformation industrielle significative.
Le Mali demeure l’un des principaux producteurs africains de coton. Lors de la campagne 2024-2025, le pays a enregistré une production de 656 679 tonnes de coton-graine, après un record de 690 000 tonnes la saison précédente, ce qui lui avait permis de conserver son rang de premier producteur de la zone cotonnière d’Afrique de l’Ouest.
La campagne 2025-2026 a toutefois connu un net recul, avec une production estimée à 433 700 tonnes, en raison de l’irrégularité des pluies, des difficultés d’approvisionnement en intrants agricoles et de l’insécurité dans certaines zones de production. Les autorités tablent néanmoins sur une reprise à 598 500 tonnes pour la campagne 2026-2027.
D’après la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), les exportations de fibre de coton atteignent environ 300 000 tonnes par an, acheminées principalement via les ports de Dakar, Abidjan, San Pedro, Lomé, Conakry et Nouakchott. Avec une capacité de 40 000 tonnes, la future usine pourrait transformer localement près de 13 % des volumes actuellement exportés, contribuant ainsi à la création d’emplois, au développement de l’industrie textile nationale et à une meilleure valorisation de l’une des principales cultures d’exportation du Mali.
MD/te/Sf/APA







