Depuis l’annonce des premières décisions de validation et de rejet des candidatures, les tribunaux administratifs d’Alger enregistrent un afflux de recours déposés par des partis politiques et des candidats évincés.
Plusieurs partis d’opposition et candidats indépendants aux en Algérie dénoncent l’exclusion d’un grand nombre de leurs candidats des élections législatives anticipées prévues le 2 juillet, mettant en cause l’application de dispositions de la nouvelle loi électorale.
Selon les chiffres communiqués par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), 788 dossiers regroupant 10 168 candidats ont été examinés. À ce stade, seules 77 listes ont été définitivement admises, tandis que 680 autres demeurent en attente de l’issue des recours introduits devant les juridictions administratives.
Les formations concernées contestent notamment l’utilisation de l’article 200 de la loi électorale, régulièrement invoqué par l’Anie pour justifier certaines invalidations. Selon plusieurs responsables de l’opposition, cette disposition permet d’écarter des candidats sur la base de soupçons liés à des pratiques de corruption ou à l’utilisation d’argent illicite, sans qu’une condamnation judiciaire préalable ne soit nécessaire.
Le Front des forces socialistes (FFS) a dénoncé ce qu’il qualifie de « glissement très dangereux » affectant le processus électoral, tandis que d’autres partis évoquent une « décapitation » de leurs équipes dirigeantes à travers l’exclusion de plusieurs responsables et candidats de premier plan.
Le Parti des travailleurs estime pour sa part que l’article 200 est devenu une « machine à écraser » portant atteinte aux droits constitutionnels des candidats.
Parmi les formations les plus critiques figure Jil Jadid. Son vice-président, Zoheir Rouis, a affirmé que les décisions de rejet portent atteinte à la réputation de responsables politiques en laissant entendre qu’ils seraient liés à des financements illicites. Selon lui, les représentants de l’Anie ne donnent pas systématiquement les éléments de preuve justifiant ces décisions lors des audiences devant les tribunaux administratifs.
Le parti a annoncé son intention de poursuivre les recours contre les invalidations prononcées à l’encontre de ses candidats.
Au-delà des rejets de candidatures, plusieurs formations d’opposition critiquent également la réforme électorale adoptée en 2026, qui a transféré certaines compétences auparavant attribuées à l’Anie vers le ministère de l’Intérieur, notamment en matière d’organisation du scrutin.
Les autorités algériennes n’ont pas réagi publiquement aux accusations formulées par les partis concernés. Les recours en cours devant les juridictions administratives devraient déterminer la composition définitive des listes autorisées à participer au scrutin législatif du 2 juillet.
MK/AK/Sf/APA




