La 29ᵉ édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde s’est ouverte jeudi soir, le 4 juin, à Bab Makina, sous le thème « Fès et les Mâalemines, gardiens du geste et du patrimoine », avec une soirée inaugurale portée par la création « Anima Ex Materia », mêlant chant, danse et chorégraphies venues des quatre continents.
L’ouverture du 29e Festival de Fès des musiques sacrées du monde s’est déroulée en présence de Mehdi Bensaïd, ministre marocain de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, de Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, et de Khalid Aït Taleb, wali de la région Fès-Meknès. Jusqu’au 7 juin, plus de 160 artistes se succèdent dans la cité spirituelle, avec l’Allemagne comme invitée d’honneur.
L’évènement a été marqué par la présence de nombreux artistes venus du Maroc, de l’Inde, de l’Asie centrale, de Chine, du Cambodge ou encore des Balkans, qui ont rendu hommage à la noblesse créative de ce pan civilisationnel ancestral.
Le spectacle inaugural a plongé le public dans un univers où les quatre éléments (eau, air, terre et feu) dialoguent avec les gestes ancestraux des artisans. Dans une mise en scène rythmée par la lumière des lanternes et des tableaux chorégraphiques, le lieu s’est transformé en un vaste atelier symbolique, entre forge incandescente et tissage invisible.
La création originale de la soirée d’ouverture a donné le ton d’une programmation d’exception concoctée pour cette édition, qui investit quatre lieux emblématiques de la capitale spirituelle du Royaume, entre patrimoine et nature : Bab Al Makina, les jardins de Jnan Sbil, la salle de la préfecture de Batha, ainsi que le Palais des congrès et de l’artisanat de Fès.
À travers la thématique « Fès et les Mâalemines, gardiens du geste et du patrimoine », la Fondation Esprit de Fès, initiatrice du festival, célèbre la contribution exceptionnelle de ces grands maîtres à l’édification des sites et ouvrages emblématiques qui jalonnent l’histoire de Fès et du Royaume.
Le festival promet aussi, durant quatre jours, un concentré de musique sacrée alliant spiritualité, art et émotion : pas moins de 160 artistes venus des quatre coins du monde donneront ainsi 18 spectacles.
Le public pourra assister à des spectacles et concerts de traditions musicales de tous les continents. La chanteuse irlandaise de folk Niamh Bury, l’Ensemble Yassawi et Qulansaz du Kazakhstan, le trio Redi Hasa–Rami Khalifé–Bijan Chemirani (Albanie, Liban, Iran), les Voix de femmes d’Orient et d’Occident (Ghada Shbeir – Liban, Nabyla Maan – Maroc, Kaushiki Chakraborty – Inde, Kat Frankie – Allemagne, Arwach Isaffen du Haut-Atlas) ou encore l’Ensemble du Samaa – De Fès à Konya – figurent parmi les rendez-vous du festival.
L’un des moments phares de cette édition sera le concert du chanteur Sami Yusuf.
Le ministre Mehdi Bensaïd a mis en avant le rôle central de cet événement dans la valorisation de la culture marocaine. Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a qualifié le festival de « miroir de la culture marocaine », soulignant son ancrage dans les traditions vivantes du Royaume.
Selon lui, la spécificité du Maroc réside dans le fait que la culture traditionnelle ne se limite pas à une expression artistique formelle, mais s’inscrit pleinement dans le quotidien des citoyens.
Moment privilégié de l’esprit du vivre-ensemble, du dialogue et de la tolérance, le Festival de Fès des musiques sacrées du monde s’est imposé parmi les plus grandes manifestations culturelles au monde.
Désigné en 2001 par l’Organisation des Nations Unies comme l’un des événements marquants contribuant de manière exceptionnelle au dialogue des civilisations, le festival célèbre la ville de Fès, où la mémoire demeure vivante et où l’héritage se transmet encore par les gestes, les savoir-faire et les gens de métier qui continuent de donner forme à l’âme même de la capitale spirituelle du Royaume.
AK/te/Sf/APA





