Le président Abdelmadjid Tebboune a écarté le général Abdelkader Aït Ouarabi, dit «général Hassan», de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), moins d’un an après sa nomination.
En Algérie, le général Abdelkader Aït Ouarabi, alias «général Hassan», a été démis de ses fonctions à la tête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 18 mai, selon des informations rapportées notamment par les médias. Ce nouveau changement illustre l’instabilité persistante qui affecte les services de renseignement algériens sur fond de rivalités entre clans militaires.
Ce départ porte à cinq le nombre de responsables ayant dirigé la DGSI depuis l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune à la présidence en 2019. Avant lui, Wassini Bouazza, Abdelghani Rachedi, Djamel Kahel Medjdoub et Nacer El Djinn se sont succédé à la tête des renseignements intérieurs. Plusieurs anciens responsables sécuritaires ont depuis été poursuivis ou emprisonnés, alimentant les interrogations autour des luttes d’influence au sein du pouvoir politico-militaire.
Selon plusieurs observateurs cités par les médias, ces changements répétés traduisent autant des rivalités entre hauts gradés que des repositionnements autour du chef d’état-major Saïd Chengriha, devenu l’homme fort de l’institution militaire depuis la disparition du général Ahmed Gaïd Salah fin 2019.
Les équilibres internes auraient également été affectés par le retour en influence de figures associées à l’ancien Département du renseignement et de la sécurité (DRS), longtemps dirigé par le général Mohamed Mediène, dit Toufik.
Le général Hassan apparaissait précisément comme l’un des anciens proches de ce cercle sécuritaire historique. Son limogeage est interprété par plusieurs analystes algériens comme un nouvel épisode de la consolidation progressive du pouvoir autour du commandement militaire actuel.
En décembre dernier, le général-major Mounir Zahi avait d’ailleurs été nommé numéro deux de la DGSI avec des prérogatives élargies, alimentant les spéculations sur une transition déjà préparée au sommet du service.
Cette nouvelle réorganisation intervient également alors que plusieurs dossiers sensibles liés à la sécurité nationale demeurent actifs, notamment celui de l’attaque du site gazier de Tiguentourine en 2013. Le général Hassan avait déjà été condamné dans cette affaire avant d’être réhabilité puis rappelé aux affaires. Son éviction relance ainsi les interrogations sur la stabilité de la chaîne sécuritaire algérienne à un moment où le pays reste confronté à des défis régionaux sécuritaires et politiques majeurs.
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