L’Egypte a engagé la conversion progressive de son parc automobile gouvernemental vers les véhicules électriques, dans un contexte de hausse de la facture énergétique et de pression accrue sur les importations de produits pétroliers.
Le gouvernement égyptien a annoncé, dimanche 10 mai, l’ouverture des procédures destinées à remplacer une partie des véhicules thermiques utilisés par l’administration par des voitures électriques.
Selon un communiqué du Conseil des ministres, le Premier ministre Mostafa Madbouly a ordonné le lancement immédiat de négociations avec les concessionnaires pour l’acquisition d’un premier lot de véhicules destinés aux responsables gouvernementaux.
Les autorités présentent cette initiative comme un volet central de leur stratégie de rationalisation énergétique. «Cette stratégie vise à transformer l’appareil administratif de l’État en un modèle de transport vert», indique le communiqué officiel. Le ministre des Finances Ahmed Kouchouk a, pour sa part, affirmé qu’une étude comparative menée par ses services montrait que le passage à l’électrique permettrait de générer «des économies substantielles» pour les finances publiques.
Cette orientation intervient alors que Le Caire cherche à réduire sa dépendance aux carburants importés dans un environnement régional marqué par les tensions géopolitiques et la volatilité des cours pétroliers. Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient en février 2026, l’Egypte a multiplié les mesures d’économie d’énergie, incluant le ralentissement temporaire de plusieurs mégaprojets fortement consommateurs d’électricité ainsi qu’une hausse des prix des carburants.
Le Premier ministre égyptien a récemment indiqué que la facture des importations énergétiques du pays était passée de 1,2 milliard de dollars en janvier à 2,5 milliards de dollars en mars. Cette progression rapide des dépenses énergétiques accentue les pressions sur les équilibres budgétaires et sur les réserves en devises du pays, déjà confronté à un besoin élevé de financement extérieur.
Le gouvernement entend également utiliser cette transition pour accélérer le développement des infrastructures liées à la mobilité électrique. Le porte-parole du Conseil des ministres, Mohamed Al-Homossani, a précisé que le programme repose sur deux axes : le déploiement de stations de recharge rapides et intelligentes à l’échelle nationale et le renforcement de la protection des systèmes numériques associés contre les cyber-risques, conformément aux standards internationaux de sécurité.
Mostafa Madbouly a estimé que cette transition progressive vers une mobilité plus sobre constituait une opportunité pour bâtir «un système de transport durable», conciliant impératifs économiques et objectifs environnementaux.
Au-delà du volet écologique, Le Caire cherche surtout à réduire l’exposition de ses finances publiques aux fluctuations des marchés pétroliers internationaux, alors que les tensions régionales continuent de perturber les flux énergétiques et les chaînes logistiques mondiales.
MK/Sf/APA







