Le conflit au Soudan connaît une escalade inquiétante de la violence. D’après les Nations Unies, l’utilisation croissante de drones a entraîné la mort de centaines de civils depuis le début de l’année, en particulier dans la région du Kordofan.
Entre janvier et la mi-mars, plus de 500 civils ont péri dans des frappes de drones, majoritairement dans la zone stratégique du Kordofan, a indiqué mardi le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).
Selon sa porte-parole, Marta Hurtado, l’essentiel des victimes a été recensé dans trois États du Kordofan. L’ONU s’inquiète d’un recours de plus en plus fréquent à ces armes, à la fois faciles d’accès et particulièrement destructrices en milieu urbain.
Rien que durant les deux premières semaines de mars, plus de 277 civils ont été tués, dont une large majorité lors d’attaques de drones. Ces frappes se sont poursuivies jusqu’à la fin du Ramadan.
Parmi les attaques les plus meurtrières figure celle du 20 mars, jour de l’Aïd al-Fitr, qui a visé l’hôpital universitaire d’Al-Deain, au Darfour-Oriental. Le bilan fait état d’au moins 60 morts, dont treize enfants et sept femmes, ainsi que 146 blessés.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fermement condamné cette attaque, rappelant que le droit international humanitaire interdit de cibler les civils, et protège les infrastructures médicales.
Depuis avril 2023, plus de 200 attaques contre des structures de santé ont été recensées, faisant plus de 2 000 morts selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La destruction de l’hôpital d’Al-Deain prive désormais plus de deux millions de personnes d’un accès direct aux soins.
Les violences débordent également des frontières soudanaises. Le 18 mars, une frappe de drone à Tiné, au Tchad, a causé au moins 24 morts et une soixantaine de blessés, faisant craindre une extension du conflit à l’échelle régionale.
La guerre civile, déclenchée en avril 2023, a déjà fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de 12 millions de personnes, dont près d’un million réfugiées au Tchad.
Face à cette situation alarmante, l’ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat et exhorte la communauté internationale à interrompre les transferts d’armes qui alimentent le conflit.
Depuis avril 2023, le Soudan est le théâtre d’affrontements entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide ( FSR). Ce conflit a engendré l’une des crises humanitaires les plus graves au monde, marquée par des déplacements massifs et des attaques répétées contre les civils et les infrastructures essentielles, notamment les établissements de santé.
DM/te/Sf/APA






