Les ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont engagé à Ouagadougou une réflexion sur l’accélération de l’industrialisation et du commerce intra-AES, avec un accent sur la transformation locale des ressources et l’intégration économique régionale.
Le Premier ministre burkinabé, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a ouvert les travaux d’une rencontre autour des échanges intra-AES, ce lundi à Ouagadougou. Les ministres et acteurs économiques du Burkina Faso, du Mali et du Niger planchent sur l’industrialisation et le commerce intra-AES.
Cette rencontre fait suite aux travaux des experts tenus les 13 et 14 juin. Ils ont évalué la mise en œuvre des recommandations antérieures et formulé des propositions pour dynamiser la production et faciliter les échanges.
Le Chef du Gouvernement burkinabè a insisté sur la nécessité de passer des engagements aux actes, qualifiant cette étape de décisive pour la construction économique de la Confédération.
Il a identifié trois priorités. La première est l’industrialisation endogène, visant la transformation locale des matières premières afin de réduire la dépendance aux exportations brutes.
La deuxième priorité concerne la fluidification du commerce intra-confédéral. Selon les analyses de l’Afreximbank, les échanges intra-africains restent encore limités, représentant environ 15 % des exportations totales du continent (African Trade Report 2024, Afreximbank), ce qui illustre le faible niveau d’intégration commerciale régionale.
La troisième priorité porte sur l’harmonisation des textes, destinée à renforcer la protection des industries locales et à lutter contre les distorsions de concurrence.
Sur le plan des potentiels économiques, les trois pays disposent de ressources complémentaires importantes mais encore faiblement transformées localement.
Le secteur extractif constitue un pilier majeur : le Mali et le Burkina Faso figurent parmi les producteurs d’or les plus importants de la sous-région ouest-africaine, tandis que le Niger dispose de ressources stratégiques telles que l’uranium et le pétrole. Les données consolidées issues des rapports de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) montrent que la production aurifère combinée du Mali et du Burkina Faso dépasse largement les 100 tonnes annuelles, confirmant le poids central de l’or dans leurs économies.
Cependant, les rapports de la Banque mondiale sur les économies sahéliennes soulignent que ces pays restent caractérisés par une faible industrialisation et une forte dépendance à l’exportation de matières premières non transformées, limitant ainsi la création de valeur ajoutée locale.
L’agriculture demeure également un secteur central, employant une large majorité de la population active dans les trois pays, mais avec une faible transformation agro-industrielle, ce qui limite la structuration de chaînes de valeur régionales compétitives.
Dans ce contexte, les institutions économiques régionales et internationales convergent sur la nécessité d’accélérer l’intégration économique, de développer les infrastructures logistiques et de renforcer les capacités industrielles afin de transformer ces ressources en moteur de croissance durable au sein de l’espace sahélien.
Le Premier ministre burkinabè dont le pays préside la Conférence des chefs d’Etat de l’AES a salué les dirigeants du bloc sahélien et rendu hommage aux forces armées des trois pays. Les ministres du Mali et du Niger ont réaffirmé leur engagement pour une économie de production.
HO/ac/Sf/APA






