Alger valide un ajustement de 6 000 barils par jour dès avril, dans le cadre d’une décision coordonnée de huit pays de l’Opep+, sur fond d’incertitudes persistantes du marché.
L’Algérie et sept autres membres de l’alliance Opep+ ont décidé dimanche d’un nouvel ajustement volontaire de leur production pétrolière, avec une injection globale de 206 000 barils par jour à partir d’avril prochain. La décision a été prise lors d’une réunion ministérielle par visioconférence regroupant l’Algérie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Irak, le Kazakhstan, le Koweït, Oman et la Russie. Pour Alger, la hausse sera limitée à 6 000 barils supplémentaires par jour, portant la production nationale à 977 000 barils quotidiens, selon un communiqué du ministère des Hydrocarbures et des Mines.
La rencontre, à laquelle a participé le ministre Mohamed Arkab, s’est tenue dans un contexte qualifié d’« environnement économique encore empreint d’incertitudes », malgré des « signes encourageants d’amélioration graduelle ». Les participants ont évoqué une demande mondiale modérée pour des raisons saisonnières, appelée selon eux à se raffermir dans les prochains mois.
Officiellement, l’objectif affiché par l’OPEP et ses alliés est de préserver la stabilité du marché pétrolier international, dans un cadre de « fondamentaux solides » et de stocks mondiaux jugés faibles. L’ajustement s’inscrit dans la reprise progressive du plan de retour aux niveaux de production antérieurs aux réductions volontaires, entamé en avril 2025 puis suspendu au premier trimestre 2026. L’organisation précise toutefois que ces réductions pourront être rétablies « partiellement ou intégralement » en fonction de l’évolution du marché, soulignant une approche prudente et flexible.
Pour l’Algérie, cet ajustement interroge néanmoins la portée réelle de sa marge de manœuvre énergétique. L’augmentation décidée demeure modeste au regard des volumes globaux injectés par le groupe, traduisant le poids relatif du pays dans l’équation pétrolière mondiale. Avec une production annoncée de 977 000 barils par jour, Alger reste en deçà du seuil symbolique du million de barils quotidiens, dans un contexte où les équilibres budgétaires nationaux demeurent fortement dépendants des recettes hydrocarbures.
Si les autorités mettent en avant une gestion « responsable et coordonnée », la dépendance structurelle de l’économie algérienne aux exportations énergétiques continue d’exposer le pays aux cycles internationaux. La réunion du 5 avril prochain, consacrée à l’examen des conditions de marché et du respect des engagements, constituera un nouveau test pour une stratégie qui oscille entre discipline collective et contraintes nationales.
MK/AK/Sf/APA







