Au Kenya, au moins 579 personnes ont été tuées par des foules lyncheuses en 2025, selon un rapport présenté mercredi au Parlement. Le phénomène, alimenté par la perception d’une justice lente et inefficace, incite les communautés à se faire justice elles-mêmes.
Le ministre kenyan de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, a indiqué que 579 Kenyans avaient été tués et 266 autres blessés par des lynchages populaires au cours de l’année écoulée.
Les comtés les plus touchés sont Kiambu (58 décès), Nairobi (55) et Kisumu (36), tandis que Tana River, Marsabit et Taita Taveta n’ont enregistré qu’un seul incident chacun, et Laikipia quatre cas.
Le ministère explique cette recrudescence par le sentiment, chez certains citoyens, que les enquêtes et procédures judiciaires sont lentes, inefficaces ou partiales. La libération de suspects renforce ce phénomène, poussant les communautés à agir elles-mêmes. La diffusion de contenus liés à la criminalité sur les réseaux sociaux a également été identifiée comme un facteur aggravant.
Pour contrer cette tendance, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures. Tous les commissariats doivent disposer d’équipes d’astreinte pour intervenir rapidement, et un numéro vert permet au public de signaler les crimes. La Direction des enquêtes criminelles (DCI) voit ses capacités renforcées, notamment en opérations médico-légales et en renseignement.
Par ailleurs, un registre numérique des incidents est en cours de déploiement afin de permettre au public de suivre les affaires en temps réel et d’accroître la transparence. « Le gouvernement renforce la police de proximité, améliore la collaboration avec le parquet et encourage la participation citoyenne afin de rétablir la confiance du public », a conclu M. Murkomen.
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