Le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nuñez, est attendu ce lundi 16 février en Algérie, pour une visite visant à tenter de renouer les liens entre les deux pays sur les questions de sécurité,
Le voyage de Laurent Nuñez en Algérie intervient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Paris et Alger. Il avait été annoncé après l’invitation du ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, lancée il y a plusieurs mois à son homologue français.
Pour les observateurs, ce voyage apparaît comme un premier signe de dégel entre la France et l’Algérie.
«Je me rends en Algérie pour une réunion de travail avec mon homologue. Il y a eu une phase de préparation entre services à un niveau technique et donc maintenant, on passe à la phase politique», avait dit vendredi Laurent Nuñez.
Si aucune rencontre avec le président algérien Abdelmajid Tebboune n’est prévue à ce stade, le ministre français n’a pas écarté cette éventualité lundi sur la station France Inter: «Je verrai bien ce qu’il se passe sur place», affirme-t-il.
Il avait expliqué vendredi qu’«au cours de cette réunion de travail seraient discutées « toutes les questions de sécurité», à savoir la lutte contre le terrorisme, contre les narcotrafiquants et l’immigration illégale.
«J’ai toujours été confiant dans le rétablissement des relations sécuritaires avec l’Algérie (…). Cette visite est l’aboutissement de cette position, qui est de continuer à dialoguer avec les autorités algériennes sur les questions de sécurité. Ça me paraît indispensable», avait-il ajouté.
Mais le sujet des réadmissions, c’est-à-dire du retour dans leur pays des ressortissants algériens en situation irrégulière en France (OQTF), reste le plus épineux. A ce jour, aucun ressortissant algérien sous OQTF n’a été accepté par Alger, selon une source proche du dossier.
Début février, le ministre français avait affirmé attendre pour se rendre en Algérie «un bougé», une «amorce de réponse» d’Alger sur ce sujet ainsi que sur le cas de Christophe Gleizes, le journaliste sportif français arrêté en mai 2024 en Kabylie et condamné en appel, début décembre, à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme».
La relation entre les deux pays s’était fortement dégradée depuis l’été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur son Sahara.
Les tensions franco-algériennes n’ont cessé ensuite de se multiplier: enlèvement d’un influenceur algérien opposant au régime d’Abdelmadjid Tebboune en avril 2024; arrestation en novembre 2024 de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié un an plus tard par le président algérien; inculpation d’un agent consulaire algérien en avril 2025; expulsion de douze agents de l’ambassade française à Alger quelques jours plus tard..
Le dernier déplacement d’un ministre de l’Intérieur en Algérie remonte à fin 2022.
AK/Sf/APA







