Le « Policy Center for the New South » publie la 12e édition de son rapport annuel « Atlantic Currents », consacrée au rôle du Bassin atlantique comme espace structurant de coopération dans un contexte international marqué par l’instabilité.
Le « Policy Center for the New South » (PCNS) a annoncé la publication de la 12e édition de son rapport annuel Atlantic Currents, placée cette année sous le thème « Le Grand Atlantique : bâtir des partenariats à l’ère de l’instabilité », selon un communiqué de l’institution. Coordonné par l’ambassadeur Mohammed Loulichki, Senior Fellow au PCNS, l’ouvrage paraît traditionnellement en amont de la conférence internationale Atlantic Dialogues.
Cette nouvelle édition propose une analyse approfondie des dynamiques qui façonnent l’espace atlantique élargi, à un moment où les rivalités géopolitiques, les mutations technologiques et les pressions climatiques redéfinissent l’ordre international. Le rapport souligne que loin d’être une zone périphérique, le Bassin atlantique s’affirme désormais comme un espace central de coordination politique, de gestion collective des crises et de renouvellement des relations Nord-Sud.
Le volume met en avant le rôle stratégique du Grand Atlantique en tant que plateforme de dialogue et de reconfiguration des partenariats, dans un environnement mondial exigeant davantage de résilience nationale, de réponses concertées et de formes innovantes de coopération. Il examine notamment comment cet espace peut servir de cadre structurant pour des partenariats pragmatiques adaptés à la complexité des enjeux contemporains.
Structuré en sept sections et trente-trois chapitres, le rapport rassemble près de quarante contributions émanant d’auteurs issus des secteurs public et privé, ainsi que d’organisations internationales. Ces contributions représentent vingt pays, dont dix-huit riverains de l’Atlantique, illustrant la diversité des expériences et des visions qui façonnent cet espace géopolitique.
Sur le fond, cette 12e édition prolonge les réflexions engagées dans les précédentes, tout en élargissant l’angle d’analyse afin de mieux saisir l’ampleur des transformations en cours. Elle aborde les réalignements géopolitiques, l’évolution des conflits vers des dimensions économiques et cybernétiques, ainsi que l’émergence de nouveaux acteurs de médiation qui redéfinissent les rapports de pouvoir et d’influence.
Le rapport met également en lumière la compétition mondiale autour des technologies émergentes, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité, des ressources critiques et des activités en haute mer, autant de facteurs qui reconfigurent les alliances et renforcent le rôle central de l’innovation dans les hiérarchies géopolitiques.
L’interaction entre climat, sécurité et développement constitue un autre axe majeur de cette édition. Le changement climatique accentue les vulnérabilités, les déplacements humains et les déséquilibres économiques et politiques, notamment dans les régions caractérisées par une faible électrification ou des institutions fragiles. Dans ce contexte, l’Atlantique apparaît comme un espace clé pour articuler transition énergétique et gouvernance durable.
Une attention particulière est enfin accordée à l’évolution du régionalisme atlantique vers des formes de coopération plus flexibles, fondées sur des coalitions thématiques plutôt que sur des architectures institutionnelles rigides, ainsi qu’aux enjeux de durabilité et d’économie bleue dans un espace maritime riche mais encore sous-exploité.
Le rapport appelle à considérer l’Atlantique comme un bien commun mondial, et non comme un simple théâtre de rivalités, en esquissant les contours d’un avenir plus coopératif et solidaire pour les peuples riverains.







