Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a reçu le 13 novembre une délégation du CNPM qui a présenté des recommandations pour sécuriser l’approvisionnement en hydrocarbures et limiter les tensions sur le marché.
Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a reçu, le 13 novembre 2025 à Bamako, une délégation du Conseil National du Patronat du Mali ( CNPM) venue présenter les difficultés d’approvisionnement en hydrocarbures et partager plusieurs recommandations destinées à atténuer les tensions observées sur le marché national. La rencontre intervient alors que le pays fait face à une pression accrue sur ses stocks, dans un contexte marqué par des perturbations logistiques et des risques de spéculation.
Au cours de l’échange, le CNPM a exposé une analyse détaillée de la situation et a souligné l’urgence de garantir une distribution plus régulière des produits pétroliers. Le secteur privé a insisté sur la nécessité de préserver la continuité industrielle en donnant la priorité aux unités de production particulièrement dépendantes du carburant. Selon ses représentants, des arrêts prolongés dans les usines auraient un effet immédiat sur l’emploi, les prix et l’équilibre des chaînes d’approvisionnement.
Le Patronat a également attiré l’attention sur les difficultés rencontrées sur certains corridors régionaux utilisés pour l’importation des hydrocarbures. Il a recommandé un renforcement de la coordination entre les autorités, les transporteurs et les opérateurs afin de fluidifier la circulation sur les axes reliant le Mali aux ports de la sous-région, en particulier ceux du Sénégal et de la Mauritanie. Une meilleure anticipation des contraintes sécuritaires et des retards logistiques est jugée essentielle pour stabiliser les arrivages.
Les représentants du secteur privé ont par ailleurs appelé à une gestion plus structurée des stocks nationaux. Ils ont plaidé pour un renforcement des capacités de stockage, l’amélioration des mécanismes de prévision et une transparence accrue sur les niveaux disponibles, estimant que ces éléments permettraient d’atténuer les périodes de tension.
Le CNPM a également exhorté les autorités à encadrer strictement les pratiques commerciales afin de prévenir les hausses irrégulières de prix signalées dans plusieurs localités depuis le début de la crise.
Selon les dernières données économiques disponibles, les importations totales du Mali ont atteint environ 1 000,8 milliards de francs CFA au deuxième trimestre 2025, dont près de 42 % concerneraient les produits pétroliers. Cette dépendance structurelle accentue la vulnérabilité du pays aux perturbations régionales et explique l’importance de coordonner les efforts publics et privés.
Le Premier ministre a salué les recommandations du Patronat et a assuré que le gouvernement suivait de près l’évolution des stocks et de la distribution. Les autorités ont réaffirmé leur volonté de consolider les mécanismes de régulation, de sécuriser les circuits d’approvisionnement et d’accompagner les secteurs les plus exposés aux ruptures.
Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés et par des contraintes logistiques récurrentes au Mali, la stabilisation de l’approvisionnement en hydrocarbures demeure un enjeu central pour préserver l’activité économique et limiter les pressions sur les ménages et les entreprises.
MD/ac/Sf/APA





