Le Parlement libyen a validé, dans un climat tendu à Benghazi, un budget de 69 milliards de dinars pour le Fonds de reconstruction dirigé par Belkacem Haftar, révélant un bras de fer entre le camp du maréchal Haftar et celui d’Aqila Saleh.
Le Parlement libyen réuni récemment à Benghazi a approuvé, au terme d’une session houleuse, la préparation d’un budget spécifique de 69 milliards de dinars (environ 13 milliards d’euros) pour le Fonds de développement et de reconstruction, dirigé par Belkacem Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar.
Ce nouvel épisode révèle un profond clivage au sein du camp de l’Est, alimenté par la rivalité sur les ressources financières et les nominations gouvernementales.
Cette décision révèle un conflit croissant entre les partisans d’Aqila Saleh, président du Parlement, et ceux du camp Haftar, jusque-là présentés comme unis.
L’ouverture de la session par Aqila Saleh a révélé de fortes pressions internes.
Il a souligné que la réunion avait été convoquée à la demande de 35 députés, tout en remettant en question l’authenticité des signatures recueillies.
Les échanges se sont rapidement tendus entre les députés favorables à une gestion autonome du fonds et ceux exigeant des clarifications sur les dépenses passées.
La session a ensuite été transformée en réunion à huis clos, avant l’annonce de l’accord sur le principe du budget, accompagné de conditions.
Le Parlement a exigé la levée de l’exemption du fonds de tout contrôle administratif et financier, la constitution d’un comité parlementaire pour superviser les projets, ainsi que des rapports détaillés sur les dépenses précédentes.
Ces mesures visent à réintroduire une forme de contrôle sur un instrument jusqu’ici géré de manière opaque.
L’approbation conditionnelle du budget traduit une tentative de Saleh de contenir l’influence croissante de Haftar à travers ce fonds, devenu un levier politique majeur dans l’Est libyen.
SL/ac/Sf/APA







