Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a réitéré la volonté de l’exécutif de faire de la transparence le socle de la gouvernance du secteur extractif.
Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a réaffirmé lundi l’engagement du gouvernement à une gestion transparente et responsable des ressources naturelles du pays, lors d’un atelier de partage et d’information sur la gouvernance du secteur extractif organisé à Somone du 4 au 6 mai 2025.
Face aux membres de l’Association des journalistes pour la transparence dans les ressources extractives et la préservation de l’environnement (AJTREPE), le ministre a souligné l’importance d’une approche collaborative pour assurer une exploitation équitable et durable des ressources naturelles du Sénégal.
Dans son allocution, le ministre a rappelé que « si les ressources sont un don, la bonne gouvernance, elle, est un choix. Et ce choix, nous l’avons fait : celui de la transparence, de la responsabilité et du dialogue citoyen. »
Le Sénégal, qui a adhéré à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), a mis en place plusieurs mesures concrètes pour garantir une gestion vertueuse de ses ressources. Ces initiatives incluent notamment la publication systématique des contrats pétroliers et miniers ainsi que l’établissement de rapports accessibles sur les revenus issus de ces ressources.
« Le Comité national de l’ITIE a jugé nécessaire d’améliorer davantage la ponctualité des données du secteur extractif en publiant des informations concernant à la fois l’année fiscale 2023 et le premier semestre de l’année 2024. Ce qui place notre pays sur la trajectoire de la divulgation systématique de toutes les informations pertinentes relatives au secteur. Ce matin, nous avons mis en ligne les résultats et conclusions du Rapport ITIE Premier Semestre 2024. Ce Rapport semestriel fait état d’une contribution globale de 236,59 milliards FCFA y compris les paiements sociaux et environnementaux », a indiqué Thialy Faye, président du Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).
Le gouvernement a également créé un fonds intergénérationnel inscrit dans la loi pour garantir que les bénéfices actuels profiteront également aux générations futures. Parallèlement, un travail de fond a été entrepris pour renforcer les capacités des institutions de contrôle tout en procédant à la révision des contrats existants afin de maximiser les avantages que le pays peut tirer de l’exploitation de ses ressources naturelles.
Dans un geste sans précédent illustrant cette volonté de transparence, le ministre a dévoilé des données précises sur la production nationale. Il a annoncé une vente record de 3,8 millions de barils pour le champ pétrolier SANGOMAR durant le mois d’avril 2025, démontrant le potentiel économique considérable de ce gisement.
Concernant le projet GTA, il a révélé que la première cargaison de gaz naturel liquéfié avait été chargée le 15 avril 2025, totalisant un volume impressionnant de 163 259 m³, marquant ainsi une étape décisive dans ce projet transfrontalier avec la Mauritanie.
Le ministre a également présenté les chiffres du projet gazier de Gadiaga, souvent moins médiatisé, avec une production de 548 078 normaux mètres cubes (Nm³) de gaz naturel commercialisé au premier trimestre 2025 et une production mensuelle estimée à 219 809 Nm³ en avril.
« Voilà des efforts de transparence que nous faisons et que nous comptons poursuivre et élargir aux autres sous-secteurs, notamment l’Énergie et les Mines » a affirmé le ministre, insistant également sur l’importance de surveiller les impacts environnementaux des projets extractifs pour en assurer une gouvernance véritablement responsable.
Une mise en garde contre la désinformation
Le ministre a toutefois alerté sur les risques liés à la désinformation dans le domaine stratégique des industries extractives.
« La diffusion d’informations approximatives, orientées ou sensationnalistes, peut nuire profondément à l’image de notre pays, compromettre nos partenariats économiques, et alimenter une défiance injustifiée au sein de nos populations », a-t-il souligné avec gravité.
Cette préoccupation s’inscrit dans un contexte où les attentes sont particulièrement fortes et où la complexité des enjeux peut facilement donner lieu à des interprétations erronées ou manipulées de la réalité.
Dans son discours, il a appelé les journalistes à faire preuve de responsabilité, d’éthique et de rigueur dans leur traitement de l’information, saluant particulièrement le journalisme de solution et le journalisme de données comme approches essentielles pour aborder un secteur aussi complexe que celui des industries extractives.
Il a réaffirmé que la qualité du regard journalistique porté sur ce secteur conditionne en partie le devenir de la souveraineté économique du pays.
De son côté, le président de l’AJTREPE, Youssouph Bodian, a salué les efforts du ministère tout en plaidant pour un accès plus fluide à l’information publique. Dans son discours, il a reconnu les avancées réalisées, notamment « l’excellent travail abattu par les services de communication qui ont mis en place des pages digitales dynamiques » et « la publication des bulletins mensuels sur la production de pétrole à Sangomar. »
Cependant, il a relevé que les journalistes restent « confrontés à un accès difficile aux données et à certaines personnes ressources essentielles pour la crédibilité et l’équilibre de nos productions, surtout dans la réalisation de nos enquêtes et grands reportages. » Cette situation entrave leur capacité à fournir une information complète et équilibrée aux citoyens.
L’AJTREPE, qui compte une cinquantaine de journalistes issus de différents médias à travers le pays, a formulé plusieurs demandes concrètes pour renforcer cette collaboration. Le président a appelé à une facilitation de l’accès aux sources dépendant du ministère et des industries extractives, ainsi qu’à la désignation de points focaux presse dans les différentes agences et directions, capables de répondre aux sollicitations journalistiques dans des délais raisonnables.
Il a également plaidé pour la mise à disposition proactive des documents essentiels tels que les études d’impact, les contrats ou les plans de gestion environnementale et sociale.
En matière de renforcement des capacités, l’association souhaite un accompagnement pour les journalistes spécialisés, particulièrement ceux basés dans les régions directement concernées par l’exploitation des ressources. Elle demande aussi que ses membres puissent participer aux visites de terrain et aux rencontres stratégiques internationales pour mieux comprendre les enjeux du secteur. Enfin, le président a sollicité un soutien pour la création d’un prix d’excellence qui récompenserait chaque année les meilleures productions journalistiques dans ce domaine.
En retour, le président de l’AJTREPE a engagé les journalistes de l’association à « observer avec vigilance l’impact des projets sur les écosystèmes et les populations » et à « contribuer à une culture de la redevabilité et de transparence à travers un traitement professionnel, éthique et indépendant de l’information. »
En conclusion de son intervention, le président de l’AJTREPE a assuré que les journalistes seraient des partenaires « critiques, oui, mais toujours constructifs et engagés pour l’intérêt général. L’intérêt du Sénégal et des Sénégalais. »
ARD/te/Sf/APA







