La Tunisie pourrait difficilement porter à 23 % la part des énergies renouvelables dans sa production d’électricité d’ici 2030 sans une modernisation préalable du réseau et une adaptation du cadre réglementaire, a estimé mercredi Youssef Chebil, président de l’Organisation tunisienne pour les énergies propres.
L’objectif tunisien de porter à 23 % la part des énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité à l’horizon 2030 reste difficile à atteindre dans les conditions actuelles, a déclaré mercredi 12 août Youssef Chebil, également directeur général d’Alpanis, une entreprise spécialisée dans la fabrication de panneaux solaires. Intervenant sur les ondes de la Radio Nationale, il a estimé que l’accélération de la transition énergétique dépendait d’abord de plusieurs réformes structurelles.
Selon lui, la réalisation de cet objectif nécessite notamment une modernisation des réseaux de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), ainsi qu’une adaptation des infrastructures logistiques aux nouvelles capacités de production. Youssef Chebil a également insisté sur la nécessité de revoir les cahiers des charges et le cadre législatif régissant le secteur, afin de faciliter le développement de nouveaux projets renouvelables.
Le responsable a souligné que la transition ne pouvait toutefois reposer sur la seule énergie solaire. Si celle-ci constitue l’un des principaux leviers dont dispose la Tunisie, elle ne peut, dans l’état actuel des infrastructures, remplacer totalement les moyens conventionnels de production électrique. L’intégration progressive de plusieurs technologies apparaît ainsi nécessaire pour sécuriser l’approvisionnement tout en augmentant la contribution des sources renouvelables.
Le stockage constitue à cet égard l’un des principaux défis. Youssef Chebil a plaidé pour des solutions collectives permettant d’absorber une partie de la production renouvelable et de réduire la pression exercée sur le réseau national. Le coût encore élevé des batteries limite, selon lui, la possibilité de faire reposer cette transformation sur des équipements individuels accessibles directement aux ménages.
Le secteur affiche néanmoins une progression de ses capacités. Selon les données avancées par Youssef Chebil, les installations de centrales de production d’électricité ont augmenté de 50 % par rapport à 2025. Cette dynamique traduit une accélération des investissements, mais son maintien jusqu’en 2030 dépendra de la capacité de la Tunisie à adapter simultanément son réseau, ses infrastructures et son environnement réglementaire à la montée en puissance des énergies renouvelables.
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