La Commission nigériane de réglementation du secteur pétrolier en amont (NUPRC) a entamé des discussions avec l’Indonésie sur les investissements dans le secteur pétrolier. La compagnie pétrolière nationale indonésienne, Pertamina, a notamment manifesté son intérêt pour le cycle d’attribution de licences prévu au Nigeria en 2026.
Cette initiative fait suite à une réunion entre la directrice générale de la NUPRC, Mme Oritsemeyiwa Eyesan, le vice-ministre indonésien des Affaires étrangères, Arif Havas Oegroseno, et Toriq Abdat, vice-président chargé du développement des activités en amont chez Pertamina.
Le responsable de la communication d’entreprise et des médias de la NUPRC, M. Eniola Akinkuotu, a déclaré dimanche que le Nigeria et l’Indonésie partageaient des priorités similaires, notamment en matière de sécurité énergétique, d’exploitation des ressources et d’investissements dans le secteur.
Les deux pays cherchent en effet à accroître leur production pétrolière. Le Nigeria vise notamment une production de trois millions de barils par jour (bpj) d’ici à 2030.
Le Nigeria produit actuellement entre 1,6 et 1,7 million de bpj, tandis que l’Indonésie produit environ 600 000 bpj et cherche également à augmenter sa production.
M. Abdat a indiqué que Pertamina avait reçu pour mission d’étendre ses activités à l’international et qu’elle étudiait des opportunités dans plusieurs pays, notamment en Malaisie, en Irak et au Nigeria.
« En Indonésie, nous ne produisons qu’environ 600 000 barils par jour. Nous travaillons sur l’exploration en eaux profondes, mais nous avons découvert davantage de gaz que de pétrole.
C’est pourquoi nous nous tournons vers l’extérieur de l’Indonésie, notamment vers la Malaisie, le Moyen-Orient, l’Irak et le Nigeria », a-t-il déclaré.
M. Abdat a précisé que Pertamina recherchait des actifs déjà en production, des projets proches de la phase de production ou encore des opportunités situées avant la décision finale d’investissement (DFI).
Il a ajouté que l’entreprise était ouverte aussi bien aux appels d’offres concurrentiels qu’aux accords bilatéraux avec les gouvernements.
« Nous souhaitons participer à des projets impliquant les gouvernements, qu’il s’agisse d’actifs en production, de projets proches de la production ou d’opportunités avant la DFI.
Nous étudions actuellement comment nous pouvons vous aider à atteindre l’objectif des trois millions de barils par jour, tout en nous permettant de fournir davantage d’énergie pour notre propre consommation », a déclaré M. Abdat.
Il a également exprimé un intérêt pour des opportunités allant au-delà du pétrole brut et du gaz naturel, notamment dans le secteur des engrais. Il a indiqué que Pertamina développait une usine d’engrais afin de réduire la dépendance de l’Indonésie vis-à-vis des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient, dans un contexte de perturbations liées aux conflits mondiaux.
Il a établi un lien entre la sécurité alimentaire et les secteurs pétrolier et gazier, soulignant notamment l’importance du phosphate et d’autres éléments utilisés dans la production d’engrais.
En réponse, Mme Eyesan a qualifié d’ambitieux l’objectif de production du Nigeria, ajoutant que le cycle d’attribution de licences prévu pour 2026 figurait parmi les stratégies mises en œuvre pour l’atteindre.
« Nous visons des objectifs très ambitieux : trois millions de barils par jour d’ici à 2030, alors qu’aujourd’hui nous nous situons entre 1,6 et 1,7 million.
Nous sommes déterminés à atteindre cet objectif, et le cycle d’attribution de licences est l’une des stratégies que nous employons », a-t-elle déclaré.
Mme Eyesan a précisé que les cycles d’attribution de licences étaient désormais devenus une pratique récurrente au Nigeria, plutôt qu’un processus occasionnel, après leur institutionnalisation par la loi de 2021 sur l’industrie pétrolière (Petroleum Industry Act – PIA).
Elle a indiqué que la plus récente conférence d’appel d’offres commerciale, organisée en juillet, portait sur 50 actifs, dont 37 ont été attribués.
La dirigeante de la NUPRC a ajouté que le Nigeria avait également révisé ses conditions fiscales afin de faire face à la concurrence dans la course aux capitaux d’investissement mondiaux.
Elle a expliqué que le pays avait réduit les barrières à l’entrée, notamment les primes de signature, afin d’encourager les investissements dans le secteur pétrolier en amont.
Selon elle, le Nigeria diversifie également ses sources d’approvisionnement en phosphate, notamment grâce à un projet de gazoduc transatlantique à long terme avec le Maroc, destiné à desservir l’Afrique de l’Ouest.
La réunion s’est achevée sur un accord entre les deux parties visant à maintenir leurs échanges commerciaux et diplomatiques sur les domaines de coopération potentiels.
GIK/fss/te/APA





