Abidjan accueille, du 10 au 11 avril 2025, la 2ᵉ édition des « E-Waste Days », des journées de réflexions sur la problématique de la gestion des Déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E).
La 2e édition des « E-Waste Days » a été officiellement lancée, ce jeudi 10 avril 2025, autour du thème : « Les données, une nécessité dans la transformation des villes ouest-africaines en espaces durables pour les communautés ».
Ce rendez-vous a rassemblé, sur les berges de la lagune Ebrié, à Abidjan, des acteurs étatiques, des représentants du secteur privé, ainsi que des organisations spécialisées, venus de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Togo, du Sénégal et du Mali.
Le représentant d’Electronic West Africa (EWA), M. Evariste Aohoui, a dit que les déchets électroniques constituent une problématique au niveau international en s’appuyant sur des données qui montrent que plus de 180 millions de tonnes de déchets électroniques seront générées à l’horizon 2050.
Il a rappelé que l’Afrique ne recycle que 1% des volumes de déchets électroniques qui y sont générés dans le monde et représente la plus petite quantité en termes de production de déchets électroniques, mais elle « paie le prix de la gestion des déchets au niveau international ».
Cette situation, dira-t-il, s’explique par le fait que l’Afrique ne dispose pas encore « de technologies ni d’infrastructures dédiées pour une meilleure prise en charge de ces déchets électroniques, posant d’énormes problèmes au niveau de la santé publique et au niveau de l’environnement ».
Selon Evariste Aohoui, les déchets électroniques représentent un « potentiel énorme » pour le continent et peuvent avoir un impact sur le plan social et économique. Toutefois, il prévient qu’il faudra d’abord travailler sur les outils qui puissent permettre de développer cela.
Le directeur général de la Sovamep, M. Philippe Baudet, a fait observer qu’il est « exceptionnel » de voir la Côte d’Ivoire s’organiser à travers des fédérations de recycleurs et d’organiser une telle journée pour débattre sur l’avenir du recyclage.
Mme Élisa Ellen, de l’African Circular Economy Alliance (ACEA), a quant à elle rappelé que la valeur des déchets électroniques en Afrique était estimée, en 2019, à environ 3,2 milliards de dollars, précisant que ces déchets, réintroduits dans l’économie, ont le potentiel de générer des emplois.
Elle a insisté sur les données fiables qui sont « cruciales » pour la planification et l’investissement dans l’économie circulaire, afin de mieux appréhender l’ampleur des flux de déchets électroniques, permettant la mise en place de cadres réglementaires adéquats et d’améliorer l’innovation technologique.
Dr Gustave Aboa, représentant du ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, s’est félicité de ce que la Côte d’Ivoire a vite compris que les déchets électroniques et électriques sont une composante nécessaire pour la dépollution ou la restauration de la santé environnementale du pays.
L’Etat de Côte d’Ivoire a adopté en 2017 un texte portant gestion écologiquement rationnelle des déchets d’équipements électriques et électroniques. Et ce, en vue d’établir un cadre pour une gestion écologiquement rationnelle des D3E.
Cela répond également au besoin d’assurer la prévention des déchets issus d’équipements électroniques et électriques, ainsi que la promotion de la valorisation des déchets électroniques, la réutilisation, le recyclage et des autres formes de valorisation.
Ce dispositif prévoit contrôle des importations et des exportations des D3E et interdit la combustion des déchets électroniques à l’air libre, ainsi que le déversement de ces déchets dans les plans d’eau ou dans des récipients non conçus pour les recevoir.
Le pays entend mettre en place deux centres pilotes de démantèlement des D3E et des véhicules en fin de vie, pour faire la démonstration des meilleures pratiques environnementales et permettre la bonne gestion d’au moins 1 000 tonnes de D3E par jour.
Le gouvernement ivoirien prépare des arrêtés de mise en œuvre d’une stratégie nationale de promotion de l’économie circulaire, qui sera élaborée de manière « collaborative et implicative » avec la participation de tous les acteurs du domaine des D3E.
AP/Sf/APA







