Invité de la tribune de presse « Tout savoir sur » du CICG, ce mardi 25 février 2026, Guillaume Ackah Miezan, conseiller technique du directeur général des impôts, a levé le voile sur les enjeux, les bénéfices et les sanctions liés à la généralisation de la Facture normalisée électronique (FNE).
La transformation digitale de l’administration fiscale ivoirienne franchit un nouveau palier. La Facture normalisée électronique (FNE) est devenue une obligation pour les entreprises d’une certaine taille. Un dispositif qui vise à dématérialiser totalement les transactions commerciales entre fournisseurs et clients.
À ce jour, les chiffres témoignent d’une adoption croissante du système. Selon Ackah Miezan Guillaume, environ 52 000 entreprises sont déjà inscrites sur la plateforme dédiée, et près de 70 % d’entre elles émettent activement des factures numériques.
Si ces statistiques semblent encore partielles, c’est parce que le gros du contingent fiscal reste à venir. « Les contribuables au régime de l’entreprenant constituent plus de 90 % du fichier de la DGI (Direction générale des impôts). Quand ils seront embarqués, nous aurons des chiffres beaucoup plus élevés », a précisé Ackah Miezan.
Loin d’être une simple contrainte administrative, la FNE est présentée comme une innovation structurante. Pour l’État, elle permet une meilleure traçabilité des échanges, lutte contre l’économie souterraine et assure une concurrence saine entre les opérateurs.
Pour les entreprises, la FNE réduit drastiquement les frais d’impression, de stockage et d’envoi. Elle facilite également l’archivage et réduit les risques de contentieux avec le fisc grâce à une base de données commune et transparente.
L’administration fiscale se veut ferme quant au respect de cette mesure. Des amendes significatives sont prévues pour toute absence de délivrance de facture conforme. Pour les microentreprises, la sanction est de 10 000 FCFA par facture (plafonné à 500 000 FCFA par contrôle).
Pour le régime du réel simplifié, la sanction est de 30 000 FCFA par facture (plafonné à 3 000 000 FCFA), tandis que pour le régime du réel normal la sanction est de 50 000 FCFA par facture (plafonné à 10 000 000 FCFA).
Le conseiller technique a toutefois rappelé que certaines activités restent dispensées de la FNE selon l’article 145 du livre de procédure fiscale (banques, assurances, pharmacies, etc.). Pour les magasins à rayons multiples, le ticket de caisse doit désormais être impérativement couplé à un reçu normalisé électronique pour avoir valeur de facture.
Pour accompagner cette généralisation, la DGI a annoncé le lancement prochain d’une application mobile. Cet outil devrait permettre de simplifier l’utilisation du système pour l’ensemble des contribuables, garantissant ainsi une inclusion fiscale numérique réussie.
AP/Sf/APA






