Les Maliens restent majoritairement optimistes quant à l’évolution de leur pays, malgré une baisse de la confiance accordée aux institutions de la transition, selon la 17e édition de l’enquête d’opinion Mali-Mètre, publiée en juillet 2026 par la Friedrich-Ebert-Stiftung.
Réalisée du 10 au 24 avril 2026 auprès de 2 220 personnes dans le District de Bamako et dix capitales régionales, l’enquête d’opinion Mali-Mètre, réalisée par Friedrich-Ebert-Stiftung, révèle que 54,5% des personnes interrogées estiment que la situation générale du pays s’est améliorée au cours des douze derniers mois, contre 68,7% en 2025.
Quelque 22,5% des sondés considèrent que la situation est restée stable, tandis que 22,4% jugent qu’elle s’est détériorée.
La baisse de l’insécurité constitue le principal facteur d’amélioration cité par les personnes optimistes, avec 40,7% des réponses. À l’inverse, la cherté de la vie (21,6%) et les délestages électriques (16,7%) sont les principales raisons avancées pour expliquer une perception négative de la situation.
La lutte contre l’insécurité arrive en tête des priorités exprimées par les Maliens (39,6%), devant la lutte contre le terrorisme (37,3%), la gestion de la crise du carburant (36,7%) et le chômage des jeunes (36%).
La confiance dans le Président de la Transition s’établit à 72,1% en 2026, contre 86% en 2024, soit un recul de 13,9 points. Malgré cette baisse, la perception de l’action des autorités demeure globalement favorable.
Les forces de défense et de sécurité conservent, pour leur part, une très forte adhésion populaire. Leur travail recueille 94,2% de satisfaction, dont 63,1% de personnes se déclarant « très satisfaites ».
Elles sont considérées comme une source de fierté par 55,3% des personnes interrogées et comme une source de protection par 36,6%. Par ailleurs, 74,6% des sondés estiment que le niveau d’insécurité dans leur région a diminué au cours des trois derniers mois.
Le renforcement des patrouilles des forces armées est cité comme le principal facteur de cette amélioration par 37,3% des personnes interrogées.
L’enquête fait également ressortir un soutien important à l’Alliance des États du Sahel (AES). Quelque 84,3% des sondés se déclarent satisfaits de sa création et 59,8% la citent parmi les institutions prioritaires pour le partenariat du Mali.
La coopération avec la Russie bénéficie également d’une forte adhésion. Quelque 62% des personnes interrogées lui font « beaucoup confiance » pour aider le Mali à retrouver son intégrité territoriale, tandis que 87% se disent satisfaites de la coopération bilatérale en matière de sécurisation.
La justice constitue en revanche un point de fragilité. La confiance à son égard est tombée à 46,7% en 2026, contre 75,1% en 2025, soit une baisse de 28,4 points. Plus de la moitié des personnes interrogées (53,9%) considèrent par ailleurs la justice comme corrompue.
La police (46,3%), les mairies (36,9%) et le secteur de la santé (23,5%) sont perçus comme les domaines les plus touchés par la corruption. Toutefois, la proportion de Maliens jugeant le niveau de corruption « élevé » a nettement diminué, passant de 81,5% en 2022 à 36,8% en 2026.
Malgré ces réserves, l’optimisme demeure largement majoritaire. Quelque 77,7% des personnes interrogées se disent optimistes quant à l’évolution du pays au cours des six prochains mois et 79,3% déclarent avoir confiance en un avenir meilleur pour leurs enfants.
Le retour de la paix et de la sécurité constitue leur principale aspiration pour l’avenir (78,9%), devant la création d’emplois pour les jeunes (43,4%) et la relance économique (39,1%).
MD/ac/Sf/APA







