Le Parlement de la Cédéao a estimé que les principaux obstacles à l’action climatique en Afrique de l’Ouest demeurent les déficits de financement, les difficultés de mise en œuvre et l’insuffisance de l’engagement politique.
À la clôture de sa deuxième session extraordinaire, samedi, le Parlement de la Cédéao a souligné que le changement climatique constitue désormais non seulement un enjeu environnemental, mais aussi un facteur croissant de déplacement des populations, d’insécurité et d’instabilité dans la sous-région.
La présidente du Parlement, Memounatou Ibrahima, a déclaré que la crédibilité de l’institution serait mesurée à sa capacité à produire des résultats concrets et mesurables pour les populations.
« Notre région ne manque ni de stratégies ni d’instruments », a-t-elle affirmé, estimant que le principal défi réside dans la mobilisation des financements et la volonté politique nécessaires à la mise en œuvre effective des cadres existants.
Selon elle, les États membres disposent déjà de politiques climatiques et de mécanismes régionaux, mais leur application reste limitée par des contraintes financières, des capacités institutionnelles insuffisantes et d’autres priorités nationales.
Lors des débats en plénière, le député guinéen Bademba Baldé a indiqué que les parlementaires avaient identifié la mise en œuvre effective des politiques, leur financement et leur appropriation au niveau national comme les principaux défis de l’action climatique régionale.
Les parlementaires ont également souligné les liens entre vulnérabilité climatique et sécurité, évoquant notamment les déplacements de populations, la concurrence pour l’accès aux terres et à l’eau, la mobilité pastorale et les conflits liés aux ressources.
Ils ont recommandé une meilleure intégration de la résilience climatique dans les budgets nationaux, les plans de développement, les politiques foncières, les mécanismes de prévention des conflits et les stratégies de réduction des risques de catastrophe.
Le Parlement souhaite que les dirigeants de la Cédéao examinent la création d’un fonds régional consacré à la résilience climatique et à la sécurité humaine, tandis que la Commission de la Cédéao est invitée à élaborer une feuille de route quinquennale pour la mise en œuvre des recommandations adoptées.
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