Près de 2,5 millions de tonnes de produits halieutiques sont capturées chaque année dans la zone de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), a indiqué samedi Bassirou Diarra, directeur-pays de l’Environmental Justice Foundation (EJF).
« La production de la zone CSRP est de presque 2 millions 500 000 tonnes par an », a déclaré M. Diarra, ancien inspecteur des pêches, à l’ouverture d’un atelier de renforcement des capacités des journalistes sur la transparence des pêches et leur rôle dans les réformes législatives au Sénégal.
Selon lui, la pêche artisanale représente à elle seule près de 800 000 tonnes de captures annuelles dans cet espace sous-régional.
M. Diarra a également fait état d’une flottille estimée à près de 50 000 pirogues et 1 000 navires de pêche industrielle en Afrique de l’Ouest, dont environ 600 seraient considérés comme étrangers.
Il a souligné l’importance économique et sociale de la pêche dans la sous-région, tout en relevant les difficultés auxquelles le secteur est confronté, notamment la surcapacité, la surpêche et les différentes formes de pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
Pour le directeur-pays de l’EJF, le manque de transparence contribue à accentuer les difficultés de maîtrise et de gestion des ressources halieutiques.
Il a ainsi appelé à renforcer l’accès aux données sur les activités de pêche et à intégrer davantage les principes de transparence dans les politiques publiques et la réglementation du secteur.
La transparence au cœur des réformes
La révision en cours du Code de la pêche maritime constitue, selon les participants, une occasion de renforcer les mécanismes de transparence et de participation dans la gestion des ressources.
Le directeur des Pêches maritimes, Cheikh Fall, a rappelé que la pêche occupe une place importante dans l’alimentation, l’emploi et les moyens de subsistance des communautés côtières.
« La pression exercée sur les ressources halieutiques nous oblige à améliorer sans cesse notre gestion », a-t-il déclaré, préconisant des règles claires, des données fiables, une surveillance efficace et une participation réelle des acteurs aux décisions.
Il a indiqué que le ministère entend notamment améliorer l’accès aux informations relatives aux autorisations et aux activités de pêche, renforcer la collecte et la fiabilité des données et rendre compte des opérations de contrôle et de surveillance.
M. Fall a également souligné la nécessité d’associer les pêcheurs, la recherche et la société civile aux décisions concernant l’avenir du secteur.
Les journalistes invités à renforcer leur rôle de veille
Pour Bassirou Diarra, les médias doivent jouer un rôle accru dans la promotion de la transparence et de la redevabilité dans le secteur des pêches.
Il a notamment invité les journalistes à s’intéresser aux lois, aux décrets et surtout aux arrêtés d’application, qui constituent, selon lui, un maillon essentiel de la mise en œuvre quotidienne des politiques de pêche.
« C’est dans les arrêtés d’application qu’il faut insuffler le maximum de transparence », a-t-il soutenu.
Le président du Réseau des parlementaires pour la protection de l’environnement au Sénégal (REPES), le député Samba Dang, a, pour sa part, appelé à une meilleure collaboration entre parlementaires, journalistes, administration, professionnels, chercheurs et société civile.
Il a assuré que les parlementaires restent disponibles pour accompagner les acteurs dans les réformes législatives, notamment dans le cadre de la révision du Code de la pêche.
L’atelier, prévu les 26 et 27 septembre, s’inscrit dans le cadre du projet « Promotion des principes de transparence et renforcement de la surveillance participative au Sénégal », financé par Oceans 5 et Bloomberg.
L’initiative vise à renforcer les capacités des journalistes sur les principes de transparence dans la gestion des pêches et à accroître leur contribution au débat et aux réformes du secteur.
TE/Sf/APA





