Pour la première fois de leur histoire, les championnats du monde de cyclisme sur route se tiennent en Afrique. Kigali sera sous les projecteurs, du 21 au 28 septembre 2025, grâce à ce rendez-vous centenaire qui redessine la carte du vélo mondial et place le Rwanda au cœur du récit sportif international.
Le cyclisme a toujours eu ses bastions, de la Belgique à l’Italie en passant par la France, avec quelques escapades en Australie, au Qatar ou au Canada. Jamais, pourtant, le continent africain n’avait eu l’honneur d’abriter le rendez-vous planétaire organisé chaque année par l’Union cycliste internationale (UCI).
Le choix du Rwanda, entériné en 2021, consacre une ambition portée de longue date par les autorités locales et valide le projet de l’UCI d’élargir son empreinte géographique. Le pays des Mille Collines, qui a su bâtir une réputation grâce à son tour national devenu une référence continentale, franchit ici un seuil inédit.
Kigali se transforme en capitale mondiale du vélo pour huit jours, avec 919 coureurs de 110 nations et treize épreuves, parmi lesquelles les courses élites hommes et femmes, qui s’annoncent parmi les plus exigeantes de l’histoire.
Un parcours sélectif et télégénique
Le tracé des championnats rwandais s’impose comme un protagoniste à part entière. Avec plus de 5 000 mètres de dénivelé positif, une altitude de près de 1 600 mètres et des successions de côtes abruptes, le circuit promet une course de force et d’endurance.
Le fameux « mur de Kigali », déjà célébré lors du Tour du Rwanda, est appelé à devenir une référence internationale. Pour les équipes, l’enjeu est d’adapter leur stratégie à des conditions climatiques marquées par l’humidité et la chaleur, ce qui rend la gestion de l’effort encore plus cruciale.
Ce défi sportif se double d’un potentiel visuel considérable. Les caméras du monde entier diffuseront les images des coureurs serpentant dans les collines verdoyantes, offrant une vitrine unique au pays. L’UCI mise sur un record d’audience, estimant que 330 millions de téléspectateurs suivront les courses, ce qui placerait Kigali parmi les éditions les plus vues de l’histoire.
La crédibilité de l’événement tient aussi à la densité du plateau. Chez les hommes, le Slovène Tadej Pogacar vient défendre son maillot arc-en-ciel face à Remco Evenepoel, Tom Pidcock, Jonas Vingegaard ou encore Ben Healy. Plusieurs équipes World Tour ont même envoyé leurs stars en éclaireurs dès le printemps pour reconnaître les parcours.
Côté féminin, Pauline Ferrand-Prévot, portée par une saison exceptionnelle, vise un nouveau sacre mondial onze ans après le premier. À ses côtés, d’autres grandes figures comme Demi Vollering ou Ashleigh Moolman confirment que le cyclisme féminin aura également sa bataille de prestige.
Un tournant pour l’UCI et l’Afrique
La présence de ces têtes d’affiche garantit que Kigali 2025 ne sera pas un simple symbole, mais bien un rendez-vous de haut niveau. Les favoris savent que le terrain peut bouleverser les hiérarchies, ouvrant la possibilité d’exploits inattendus et de scénarios mémorables.
Pour l’UCI, l’organisation de ces Mondiaux représente un pas stratégique. Le président David Lappartient avait promis d’offrir à l’Afrique un rendez-vous mondial, considérant que le cyclisme devait refléter l’universalité du sport. Kigali 2025 en est l’aboutissement, mais aussi un jalon : l’objectif est désormais que d’autres villes africaines puissent candidater, afin d’ancrer durablement le continent dans le calendrier.
Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse le sport. Le vélo est à la fois un outil de travail quotidien et une discipline porteuse de rêves. Voir les plus grands champions évoluer sur ses routes donne une légitimité et une inspiration sans précédent. Kigali 2025 n’est pas seulement une compétition : c’est une démonstration que l’Afrique a sa place au cœur des événements planétaires.
Après Kigali, la question est ouverte : quelle capitale africaine osera prendre le relais pour faire de cette première historique une tradition durable ?
AP/Sf/APA





