Alors que la dépendance structurelle aux importations de blé tendre, demeure un enjeu clé pour la sécurité alimentaire et l’équilibre budgétaire en de la Tunisie, un appel d’offres ouvre des perspectives pour contenir ses coûts d’importation.
La Tunisie a reçu plusieurs offres dans le cadre d’un appel d’offres international portant sur environ 100 000 tonnes de blé tendre, avec un prix plancher estimé à 274,73 dollars la tonne, coût et fret inclus (C&F), selon des négociants européens. Aucune adjudication n’a été confirmée à ce stade, les propositions restant à l’examen de l’Office des céréales, dans un contexte de tension sur les marchés internationaux.
L’offre la plus basse aurait été soumise par la société bulgare Buildcom pour un lot de 25 000 tonnes, suivie d’une seconde proposition du même opérateur à 275,74 dollars la tonne. D’autres acteurs majeurs du négoce, dont Cargill et Bunge, ont présenté des offres autour de 275,86 dollars la tonne pour l’ensemble du volume, tandis que Casillo a proposé un lot à 275,49 dollars. Les achats, répartis en quatre lots de 25 000 tonnes, prévoient des livraisons échelonnées entre le 5 mai et le 10 juin, selon l’origine.
Ce niveau de prix marque une hausse par rapport au précédent appel d’offres du 6 mars, où environ 100 000 tonnes avaient été acquises à 271,69 dollars la tonne C&F. L’écart, bien que limité, reflète une tendance récente de raffermissement des cours mondiaux des céréales, alimentée par les tensions géopolitiques et la volatilité accrue des matières premières agricoles.
Au-delà de cette variation conjoncturelle, cette évolution met en lumière la dépendance structurelle de la Tunisie aux importations de blé tendre, un poste clé pour la sécurité alimentaire et l’équilibre budgétaire. La hausse progressive des coûts d’approvisionnement exerce une pression supplémentaire sur les finances publiques, déjà mobilisées pour soutenir les prix domestiques via les mécanismes de compensation.
Cette dynamique intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement céréalières dans un environnement international incertain. La concurrence accrue sur les marchés et la sensibilité des prix aux chocs externes compliquent les arbitrages des importateurs publics, contraints de concilier impératifs budgétaires et stabilité sociale.
Dans ce contexte, l’issue de cet appel d’offres sera suivie comme un indicateur de la capacité des autorités tunisiennes à contenir les coûts d’importation, alors même que les signaux du marché suggèrent une tendance haussière durable.
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