À l’ouverture de l’examen du projet de loi de finances PLF 2027, les parlementaires tunisiens réclament des éclaircissements sur le déficit, l’exécution des dépenses et les mesures budgétaires restées inappliquées en 2026.
La commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a examiné, mercredi 21 octobre, les premières orientations du projet de loi de finances (PLF) 2027, en soulevant plusieurs interrogations sur la gestion des finances publiques. Les députés demandent notamment au ministère des Finances de préciser les écarts entre les prévisions budgétaires de 2026 et les résultats enregistrés, avant de se prononcer sur les nouvelles hypothèses financières.
Au cours de cette séance préliminaire, les parlementaires ont déploré le manque de clarté des documents transmis par le ministère, estimant que les informations disponibles ne permettent pas d’évaluer précisément l’évolution des recettes, des dépenses et du déficit. Ils ont également interrogé l’exécutif sur l’opportunité d’une loi de finances rectificative, alors que l’exécution du budget semble s’écarter des estimations initiales. L’aggravation du déficit et les pressions liées à la hausse des prix de l’énergie figurent parmi leurs préoccupations.
Les députés souhaitent, par ailleurs, comprendre pourquoi certaines dispositions adoptées dans la loi de finances 2026 n’ont toujours pas été appliquées. La commission pourrait solliciter des explications écrites du ministère afin d’identifier les obstacles à leur mise en œuvre. Son vice-président a toutefois estimé que l’analyse de l’exécution budgétaire et l’examen du PLF 2027 pouvaient se poursuivre en parallèle, afin de préserver le calendrier législatif.
Sur les orientations du prochain budget, le président de la commission, Maher Ketari, a défendu l’objectif de ne pas alourdir la pression fiscale. Il a évoqué des mesures destinées à soutenir l’investissement, l’industrie tunisienne, les exportations et la création de richesse. Les députés ont également débattu du poids des dépenses de soutien, jugées préoccupantes au regard des crédits consacrés à l’investissement, et appelé à mieux cibler les aides publiques.
Les discussions ont enfin porté sur les facilités financières envisagées au profit de la Banque centrale de Tunisie, notamment les conditions de remboursement et les taux d’intérêt, ainsi que sur la réforme du code des changes, les entreprises publiques et les obstacles administratifs.
La commission doit poursuivre ses travaux et organiser les auditions consacrées au PLF 2027, en coordination avec le Conseil national des régions et des districts. Les parlementaires ont demandé que ces réunions soient retransmises en direct, au nom de la transparence budgétaire.
MK/AK/APA





