Le Front pour l’égalité et les droits des femmes a dénoncé avec vigueur la décision des autorités tunisiennes de suspendre les activités du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).
Une suspension qui fait débat en Tunisie frappe la FTDES, une organisation emblématique de la société civile, connue pour son action en faveur de la justice sociale, de la dignité humaine et des droits économiques et environnementaux.
Dans un communiqué publié lundi, le Front s’est dit « profondément inquiet » et a fustigé « un dangereux précédent dans la répression des associations et organisations indépendantes », estimant que cette mesure s’inscrit dans un contexte de harcèlement croissant des acteurs civiques et des défenseurs des droits humains. Le collectif a exprimé sa pleine solidarité avec le FTDES, qu’il qualifie de « voix libre essentielle dans la défense de la démocratie et de la citoyenneté en Tunisie ».
Le Front a rappelé que la suspension des activités du Forum constitue une atteinte directe à la liberté d’association garantie par la Constitution tunisienne et par les traités internationaux ratifiés par la Tunisie, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il a souligné que la société civile « doit pouvoir exercer son rôle de contrôle et de plaidoyer sans ingérence ni intimidation ».
Cette décision intervient dans un climat de resserrement de l’espace civique en Tunisie, marqué par la multiplication des restrictions à l’égard des ONG, des syndicats et des médias indépendants. Plusieurs observateurs dénoncent une dérive autoritaire depuis 2021, date à laquelle le président Kaïs Saïed a suspendu le Parlement et gouverne par décrets, concentrant les pouvoirs entre ses mains.
Le Front pour l’égalité et les droits des femmes a appelé les autorités à revenir immédiatement sur cette décision jugée « injuste », exhortant le gouvernement à respecter l’indépendance de la société civile, considérée comme un « pilier essentiel de la démocratie tunisienne ». L’organisation a également invité les institutions nationales et internationales à se mobiliser pour défendre la liberté d’association et à « rejeter collectivement ces pratiques qui menacent le tissu démocratique du pays ».
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