Face à la persistance des tensions sur les prix alimentaires et aux difficultés d’approvisionnement agricole, le président tunisien Kaïs Saïed a demandé au gouvernement de renforcer le contrôle des marchés, de combattre la spéculation et d’améliorer la collecte des déchets, lors d’une réunion tenue le 6 novembre au palais de Carthage.
Le président tunisien Kaïs Saïed a reçu, vendredi 6 novembre 2026, au palais de Carthage, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, accompagnée du ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, et du ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid.
Selon un communiqué de la Présidence, les échanges ont principalement porté sur la hausse des prix, les circuits de distribution, les difficultés d’approvisionnement en produits agricoles et la gestion des déchets. Le chef de l’État a appelé à des mesures concrètes pour préserver le pouvoir d’achat et garantir un meilleur fonctionnement des marchés.
La question des prix a occupé une place centrale dans les discussions. Kaïs Saïed a dénoncé des augmentations qu’il juge excessives et appelé à intensifier la lutte contre le monopole et la spéculation. Il a notamment évoqué le marché des dattes, soulignant le décalage entre les prix perçus par les producteurs, qui pourraient descendre jusqu’à un dinar le kilogramme dans certaines situations, et ceux pratiqués auprès des consommateurs. Le président a demandé un examen des différentes étapes de la chaîne de commercialisation afin de mieux protéger les agriculteurs et de limiter les marges excessives.
Les difficultés touchant la distribution des engrais et des semences ont également été soulevées. Le chef de l’État a dénoncé des retards de distribution qu’il attribue à certaines pratiques délibérées, susceptibles de compromettre les activités agricoles et les rendements. Il a demandé que les responsabilités soient établies et que les personnes impliquées dans d’éventuelles entraves à l’approvisionnement soient soumises aux procédures de contrôle et, le cas échéant, à la justice. Les variations brusques des prix des crevettes, des volailles et de l’eau embouteillée ont également été citées comme exemples de dysfonctionnements du marché.
Ces préoccupations interviennent dans un contexte de tensions persistantes sur les prix alimentaires. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), l’inflation globale s’est établie à 5,6% en octobre 2026 sur un an, tandis que les prix du groupe alimentation et boissons ont progressé de 8,5%. Les augmentations ont notamment concerné les fruits frais (+20%), la viande ovine (+14,7%), les volailles (+14,5%), la viande bovine (+13%) et les légumes frais (+12,9%). Ces évolutions accentuent la pression sur les ménages et renforcent les enjeux liés à la régulation des circuits de distribution.
Parallèlement, Kaïs Saïed a demandé au gouvernement d’améliorer la régularité de la collecte des déchets et de mettre fin aux accumulations prolongées dans les espaces urbains. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer l’application de la loi et d’engager les responsabilités en cas d’infractions. Le président a, enfin, appelé à réorienter les priorités d’importation vers les produits essentiels, en privilégiant les besoins des citoyens et le soutien à la production nationale. Cette réunion traduit ainsi la volonté de la présidence tunisienne de placer le contrôle économique, la sécurité de l’approvisionnement et la qualité des services publics au centre de l’action gouvernementale.
MK/AK/Sf/APA




