Les autorités équato-guinéennes ont décidé de suspendre temporairement les activités des neuf maisons de paris opérant dans le pays, à la suite d’une enquête ayant révélé des soupçons d’évasion fiscale, d’exercice illégal et de violations du droit du travail, a annoncé le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue.
Dans une déclaration publiée à l’issue d’une réunion consacrée à ce dossier, le vice-président a indiqué que cinq des neuf établissements contrôlés exerceraient en dehors du cadre légal et seraient impliqués dans d’importantes opérations d’évasion fiscale, ainsi que dans l’emploi de travailleurs sans contrats.
Selon lui, la législation nationale ne reconnaît que trois catégories d’établissements de jeux : les tombolas, les casinos et les loteries. Les plateformes de paris en ligne ne seraient donc pas couvertes par le cadre légal en vigueur. Certaines sociétés auraient également exercé sans licence, tandis que d’autres disposaient de documents administratifs non conformes.
Les autorités équato-guinéennes soupçonnent également certains opérateurs d’avoir organisé des transferts de fonds vers l’étranger en dehors des circuits financiers réglementaires. Le vice-président a notamment cité le cas de 1XBET, accusée d’avoir transféré environ 4,234 millions de dollars, soit plus de 2,409 milliards de FCFA, par l’intermédiaire d’un ressortissant malien, Mamadou Mayga, connu sous le surnom de « BABA ». Les fonds auraient transité en espèces par le Cameroun et par des circuits de cryptomonnaies vers d’autres pays.
L’affaire concerne également Bettomax, qui détient une autorisation d’exploitation de dix ans délivrée en 2021. Cette durée est contestée par l’administration, qui ne reconnaîtrait pas ce type d’autorisation. L’enquête s’intéresse ainsi aux conditions de délivrance de ce document sous l’ancien ministre du Tourisme, Rufino Ndong Esono Nchama, appelé à fournir des explications, selon les informations communiquées par le vice-président.
La suspension des neuf établissements restera en vigueur jusqu’à la clôture des investigations, au règlement des obligations fiscales et à la clarification des autres irrégularités relevées. Le gouvernement affirme vouloir contraindre les opérateurs à se conformer à la législation nationale avant toute reprise de leurs activités.
Le 28 octobre, Teodoro Nguema Obiang Mangue avait instruit le ministère de l’Information, de la Presse, de la Culture et du Tourisme ainsi que la Gendarmerie nationale de vérifier la situation juridique des entreprises opérant dans les jeux de hasard, les casinos et les paris sportifs. Un rapport préliminaire issu d’une semaine d’investigations a été présenté le 5 novembre au Palais du Peuple, à Malabo.
AC/APA





