Le gouvernement malien a autorisé l’ouverture de 125 milliards de francs CFA de crédits supplémentaires dans le budget rectifié de l’État pour 2026, afin de couvrir notamment les besoins liés à la construction d’hôpitaux, à des projets structurants prioritaires et à de nouvelles dépenses de personnel.
Cette décision a été prise lors du Conseil des ministres du vendredi 6 novembre 2026, tenu au Palais de Koulouba, à Bamako, sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition.
Présenté par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, le projet de décret adopté prévoit une ouverture de crédits à titre d’avance, procédure permettant au gouvernement de répondre à des besoins budgétaires supplémentaires dans des circonstances particulières.
Selon le communiqué du Conseil des ministres, cette enveloppe est destinée à compléter les ressources nécessaires à plusieurs opérations engagées ou jugées prioritaires par les autorités.
La répartition détaillée des 125 milliards de francs CFA entre les infrastructures hospitalières, les autres investissements et les dépenses de personnel n’a toutefois pas été précisée.
Des besoins supplémentaires pour les infrastructures
La décision intervient dans un contexte de mise en œuvre du Projet présidentiel d’urgence hospitalière, lancé le 10 novembre 2025 avec l’objectif de construire ou de transformer quinze infrastructures sanitaires à travers le pays.
Ce programme, financé sur le budget national, comprend notamment la transformation de centres de santé de référence de Bamako en hôpitaux de district, la construction de nouveaux établissements à Kangaba et Bla, ainsi que la réalisation d’hôpitaux régionaux à San, Koutiala, Bougouni, Dioïla, Nioro, Bandiagara et Koulikoro.
Les autorités avaient initialement annoncé des délais de réalisation de douze mois pour les infrastructures de Bamako et de vingt-quatre mois pour celles des régions.
Le communiqué du 6 novembre ne précise cependant ni les montants supplémentaires affectés à chaque chantier ni les éventuelles modifications de leurs calendriers d’exécution.
Les nouveaux crédits doivent également couvrir d’autres projets prioritaires structurants et des mesures nouvelles liées aux dépenses de personnel de l’État, sans ventilation détaillée à ce stade.
Une procédure soumise à ratification
L’ouverture de crédits à titre d’avance est encadrée par l’article 22 de la loi organique relative aux lois de finances du 15 août 2025.
Cette disposition autorise le gouvernement, en cas d’urgence et de nécessité impérieuse d’intérêt national, à ouvrir des crédits supplémentaires par décret pris en Conseil des ministres.
Elle prévoit également l’information immédiate du Parlement et le dépôt d’un projet de loi de finances portant ratification de ces crédits dès l’ouverture de la prochaine session parlementaire.
La nouvelle mesure intervient deux semaines après l’adoption, le 22 octobre, de la loi de finances rectificative pour 2026 par le Conseil national de Transition (CNT).
Ce budget rectifié avait porté les dépenses prévisionnelles de l’État à 3 993,319 milliards de francs CFA, contre 3 578,217 milliards initialement, soit une augmentation de 11,60 %.
Les recettes étaient fixées à 3 372,895 milliards de francs CFA, pour un déficit prévisionnel de 620,425 milliards, contre 520,425 milliards dans le budget initial.
L’ouverture des 125 milliards de francs CFA constitue donc une nouvelle mesure de gestion budgétaire, distincte de la révision votée en octobre.
Le gouvernement n’a pas indiqué, dans son communiqué, les conséquences détaillées de cette opération sur le niveau final des dépenses et du déficit budgétaire de 2026.
Ces précisions, ainsi que les modalités de financement et la répartition des crédits, devront être apportées par les documents budgétaires correspondants.
MD/ac/APA





