Quinze ans après la révolution de 2011, cinq organisations syndicales françaises expriment leur solidarité avec l’UGTT, dénonçant une dégradation des libertés publiques et syndicales en Tunisie.
Le 14 janvier 2011, la chute du régime de Zine el-Abidine Ben Ali ouvrait en Tunisie une séquence politique inédite, portée par une mobilisation populaire réclamant liberté, dignité et justice sociale. Quinze ans plus tard, les centrales syndicales françaises CFDT, CGT, UNSA, Solidaires et FSU estiment que ces acquis sont « profondément remis en cause », selon un communiqué commun publié cette semaine.
Les signataires dressent le constat d’une « crise politique majeure » marquée par la concentration des pouvoirs, l’affaiblissement des institutions et la marginalisation du pluralisme. Sans citer nommément le président Kaïs Saïed, elles dénoncent un climat d’« arbitraire » et de « peur » ainsi qu’une remise en cause de l’État de droit. Les libertés fondamentales seraient fragilisées par la criminalisation de l’opposition, les pressions sur les médias et la restriction de l’espace civique.
Le mouvement syndical tunisien se trouve, selon ces organisations, particulièrement affecté. Elles évoquent un arrêt du dialogue social, la suspension des négociations collectives et un durcissement des pratiques à l’égard des organisations syndicales. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), acteur central de la vie politique et sociale du pays depuis des décennies, serait confrontée à un environnement institutionnel plus contraint.
Dans leur communiqué, les cinq organisations françaises affirment leur « plein et entier soutien » à l’UGTT dans sa mobilisation pour la défense des libertés publiques et syndicales, du droit d’organisation et de grève ainsi que du droit à une négociation collective effective. Elles rappellent que les revendications portent notamment sur les augmentations salariales, la préservation de l’emploi et la relance d’un dialogue social structuré.
Les syndicats appellent les autorités tunisiennes à mettre fin à la criminalisation de l’action syndicale et citoyenne, à libérer les personnes détenues en raison de leurs engagements, à garantir les libertés d’expression et d’organisation et à reprendre « sans délai » un dialogue social avec l’UGTT.
En filigrane, les signataires soulignent que les aspirations exprimées en 2011 demeurent, selon eux, d’actualité. La liberté, la dignité et la justice sociale, concluent-ils, constituent des exigences toujours vivantes, au moment où la trajectoire politique tunisienne continue de susciter inquiétudes et débats sur la scène internationale.
MK/AK/Sf/APA







