La Tunisie devrait ajouter progressivement environ 3 000 mégawatts à son système électrique et moderniser son réseau pour réduire le risque de nouvelles tensions estivales, a estimé l’expert énergétique Youssef Chebil.
La puissance de production nationale d’électricité en Tunisie avoisinerait 4 000 mégawatts, tandis que les pointes pourraient atteindre entre 6 500 et 7 000 mégawatts. Ces estimations sont celles de l’expert Youssef Chebil et ne constituent pas un audit actualisé de l’opérateur public.
Une centrale à cycle combiné de 1 000 mégawatts nécessiterait entre trois et quatre milliards de dinars, soit environ 887 millions à 1,18 milliard d’euros. La modernisation du transport électrique pourrait mobiliser un montant d’un ordre de grandeur comparable.
Chebil estime que l’été 2027 pourrait rester tendu, les procédures administratives, la commande des équipements et la logistique exigeant au moins neuf à dix mois. Les centrales flottantes pourraient fournir une capacité provisoire, mais leur coût limiterait leur intérêt à une solution d’urgence.
L’expert préconise aussi de réduire la demande lors des pointes, de renforcer les réseaux industriels de moyenne tension et de développer une production renouvelable décentralisée accompagnée de stockage. Les réseaux intelligents permettraient de mieux piloter les consommations et de limiter certaines pertes.
L’ajout de centrales ne suffira donc pas si les lignes et postes restent incapables d’acheminer l’électricité. La priorité immédiate consiste à publier une trajectoire d’investissement précisant les capacités fermes, les dates de mise en service, les financements et la réduction attendue des délestages.
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