La Côte d’Ivoire s’apprête à franchir un pas décisif dans sa quête de transparence et d’intégrité publique. La Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG) a entamé ce lundi 15 juin 2026, à Grand-Bassam, un atelier de trois jours pour examiner et valider un avant-projet de loi pour protéger des lanceurs d’alerte.
L’atelier de haut niveau devant conduire à la validation du projet de loi dédié aux lanceurs d’alerte réunit à Grand-Bassam des experts nationaux et internationaux, des représentants des institutions de la République, des membres de la société civile, ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Bien que la Côte d’Ivoire dispose déjà de mécanismes de signalement et de protection pour les témoins, les victimes ou les dénonciateurs, l’absence d’un cadre légal spécifique aux lanceurs d’alerte restait une faiblesse majeure.
Selon le président de la HABG, Épiphane Zoro Bi Ballo, cette lacune est régulièrement pointée du doigt par les organismes internationaux d’évaluation, impactant négativement la notation du pays dans les indices de perception de la corruption.
« L’adoption de ce cadre juridique constitue une étape décisive pour le dispositif national. Elle permettra à la Côte d’Ivoire de respecter ses engagements internationaux tout en consolidant la confiance entre les citoyens et les institutions publiques », a déclaré le président de la HABG.
Cette réforme s’inscrit en droite ligne avec les priorités du chef de l’État, qui a érigé la lutte contre la corruption en pilier de l’action gouvernementale. Le futur projet de loi vise à consacrer un statut juridique clair et adapté aux réalités ivoiriennes.
Il s’articule autour de plusieurs garanties fondamentales, notamment la sécurité des acteurs en vue de la protection absolue contre toute forme de représailles professionnelles ou physiques. Le texte met l’accent sur la préservation stricte de l’identité des auteurs des signalements.
Le projet de loi prévoit également le suivi institutionnel avec la clarification des responsabilités des organes chargés de recevoir et traiter les alertes. Toutefois, le président de la HABG a fermement insisté sur l’équilibre du texte.
Il ne s’agit pas d’ouvrir la porte aux dénonciations calomnieuses, abusives ou malveillantes. La loi encadre strictement les procédures pour s’assurer que seuls ceux qui agissent de bonne foi pour l’intérêt général soient protégés, préservant ainsi les droits fondamentaux de toutes les parties, a-t-il précisé.
En harmonisant sa législation avec les conventions des Nations Unies, de l’Union africaine et de la Cédéao, la Côte d’Ivoire envoie un signal fort à la communauté internationale et à ses partenaires économiques sur sa détermination à promouvoir une culture de responsabilité et de redevabilité.
AP/Sf/APA







