L’École supérieure de commerce d’Abidjan (ESCA) a officiellement lancé, ce jeudi 26 mars 2026, les célébrations de son cinquantenaire. Au-delà des festivités, l’institution marque le coup avec un projet social et écologique d’envergure : la construction d’une école primaire durable.
C’est dans une atmosphère empreinte de nostalgie et d’ambition que la grande famille de l’ESCA s’est réunie à Abidjan pour lancer son jubilé d’or. Sous le thème « Honorer l’héritage, façonner l’avenir », cet événement marque cinquante années passées à former l’élite économique de la Côte d’Ivoire.
Présidée par l’ex-ministre de la Promotion des Investissements, Emmanuel Essis Esmel, Senior ESCA et président du Comité d’organisation, la cérémonie a rappelé le rôle crucial de cette business school fondée en 1975 sous l’impulsion de Félix Houphouët-Boigny.
Fondée en 1975, l’ESCA a formé pendant un demi-siècle les cadres ayant bâti le secteur privé ivoirien et ouest-africain. En 50 ans, l’école revendique plus de 1 000 diplômés répartis sur 45 promotions depuis 1980.
Pour Emmanuel Essis Esmel, l’excellence prônée par cette grande école « n’est pas un luxe, c’est une stratégie » pour s’imposer dans un monde globalisé. Un constat partagé par la ministre de la Culture, Françoise Remarck, elle-même Senior ESCA, qui a insisté sur la nécessité de repenser la formation à l’heure de l’Intelligence artificielle.
Le point d’orgue de ce cinquantenaire est la création de la Fondation ESCA, dont le premier projet phare est la construction d’une « École Verte ». Ce projet, porté par le réseau des anciens (Senior ESCA), vise à offrir à une communauté locale un établissement scolaire aux normes écologiques.
Bâtie en terre comprimée avec des matériaux locaux à faible empreinte carbone, cette structure comprendra six classes primaires, deux classes de maternelle et une médiathèque. Elle se veut « un héritage tangible », ont souligné les organisateurs, annonçant des bourses scolaires pour favoriser l’accès à l’éducation.
Les festivités ne font que commencer. Un cycle d’activités est prévu pour culminer les 11 et 12 juin 2026. Le programme s’annonce dense avec un Forum stratégique présidé par le richissime homme d’affaires, Jean Kacou Diagou.
Le calendrier des célébrations comprend également une foire de l’emploi et de l’entrepreneuriat, présidée par le ministre de la Promotion de la Jeunesse Mamadou Touré, et un dîner gala dénommé « La Nuit du réseau ».
Lors d’un panel sur le thème « Quel impact d’une business school dans une grande nation » , Charles Kié (Senior ESCA) et Moussa Diaby (DG de l’INP-HB) ont préconisé la mise en place d’un système d’« Executive education » pour « capter les changements et l’évolution » du monde à l’ère de l’IA.
La Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (Cgeci, Patronat ivoirien) accompagne le cinquantenaire, sous l’impulsion de son président, Ahmed Cissé. A travers cet engagement, le secteur privé ivoirien rend hommage à cette école qui a formé une génération de décideurs et de dirigeants.
L’ESCA est née d’une vision d’État : celle de Félix Houphouët-Boigny qui, durant le miracle ivoirien, souhaitait créer un pôle d’excellence pour l’élite continentale. Un défi relevé avec succès par le ministre de la Formation professionnelle d’alors, Ange Barry Battesti, dont l’héritage perdure encore aujourd’hui.
AP/Sf/APA







