Le gouvernement britannique a retiré un financement de 1,15 milliard de dollars au projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de TotalEnergies au Mozambique, invoquant une aggravation des risques sécuritaires.
Le secrétaire d’Etat britannique aux Entreprises, Peter Kyle, a
confirmé, lundi, la décision de retrait d’un investissement de 1,51 milliards de dollars du projet GNL, indiquant que les services compétents avaient conclu que les risques liés au projet « s’étaient accrus ».
« Après un examen approfondi, le gouvernement britannique a décidé de mettre fin » à la participation de UK Export Finance au projet Mozambique LNG, a déclaré M. Kyle dans un communiqué.
« Mes services ont évalué les risques liés au projet, et le
gouvernement de Sa Majesté estime que ces risques se sont accrus », a-t-il indiqué.
UK Export Finance (UKEF) était l’un des huit organismes de crédit à
l’exportation soutenant ce projet de 14,9 milliards de dollars.
Le projet Mozambique LNG, mené par le géant pétrolier et gazier
français TotalEnergies, était autrefois considéré comme le plus
important investissement privé d’Afrique.
Il a été suspendu en 2021 après une attaque perpétrée par des
militants liés à l’Etat islamique contre Palma, dans la province de
Cabo Delgado.
TotalEnergies a depuis pris des mesures pour relancer la construction, notamment en obtenant de nouveaux financements. En mars, la Banque d’import-export des Etats-Unis a approuvé un prêt de 4,7 milliards de dollars, soit la plus importante tranche de soutien jamais accordée. Le directeur général, Patrick Pouyanné, a déclaré que ce prêt
permettait aux actionnaires de « poursuivre le projet ».
Le retrait du soutien britannique vient s’ajouter aux difficultés
auxquelles le projet est déjà confronté, notamment 4,5 milliards de dollars de coûts accumulés pendant l’arrêt des travaux et des
allégations d’exactions commises par les forces de sécurité soutenues par l’entreprise à proximité du site.
Les dirigeants du secteur énergétique africain ont condamné cette décision.
La Chambre africaine de l’énergie (CAE) a déclaré que cette mesure
compromet la sécurité énergétique et les ambitions industrielles du
continent.
« Retirer son soutien au projet Mozambique LNG est une trahison du
droit de l’Afrique à la sécurité énergétique et un affront aux progrès réalisés par les millions d’Africains qui vivent sans accès à une électricité fiable », a déclaré mardi NJ Ayuk, président exécutif de la CAE.
Il a ajouté que cette évolution « devrait servir d’électrochoc : elle rappelle brutalement que l’avenir énergétique de l’Afrique ne peut reposer uniquement sur des financements étrangers ou un soutien conditionnel ».
« Mozambique LNG, et les projets similaires à travers le continent, doivent être portés par les Africains pour les Africains, en mettant l’accent sur un développement responsable, la
création d’emplois et l’éradication de la précarité énergétique », a-t-il ajouté.
Mozambique LNG est conçu pour produire 13 millions de tonnes de GNL par an. La construction devrait créer environ 5 000 emplois, et les
projets de liquéfaction de gaz dans la province de Cabo Delgado, devraient générer au moins 10 000 emplois directs.
Selon l’AEC, les recettes issues du GNL ont déjà augmenté les recettes
de l’Etat de plus de 20% au cours de l’année écoulée.
JN/fss/Sf/APA







