Dans le sud du Malawi, les femmes redéfinissent aujourd’hui la consolidation de la paix et bousculent les rôles de genre traditionnels.
Un vent de changement souffle au Malawi sur les communautés longtemps marquées par les divisions et les violences. Portées par un puissant mouvement citoyen,Autrefois tenues à l’écart des instances de médiation et de décision, les femmes des districts de Nsanje, Machinga, Phalombe et Thyolo se mobilisent désormais pour résoudre des conflits fonciers, apaiser les tensions politiques et combattre les violences basées sur le genre.
Soutenues par le Fonds pour la paix et l’action humanitaire des femmes (WPHF), à travers ONU Femmes, ces initiatives transforment la dynamique communautaire et renforcent l’autonomie de centaines de femmes et de jeunes filles.
Dans la région de Mbenje, à Nsanje, des groupes féminins tels que Chisomo, Yankho et Tadala jouent un rôle central dans la résolution des conflits. Formées par la Coalition des jeunes pour la consolidation de la démocratie, elles ont organisé plusieurs dialogues de paix, dont un réunissant six partis politiques avant les primaires de 2025. Leur engagement a permis la signature de 17 protocoles d’accord avec les chefs locaux, assurant une plus grande participation des femmes dans la prise de décision.
« Nous ne sommes plus de simples victimes, nous sommes désormais des actrices du changement », affirme Stella Davie Maguza, présidente du Mouvement des femmes Yankho.
À Machinga, des médiatrices formées par Youth Net and Counselling ont résolu un conflit religieux opposant deux frères, dont l’un est chef traditionnel, grâce à l’écoute et au dialogue. Leur réussite a renforcé la confiance de la communauté envers le leadership féminin.
Depuis décembre 2024, les femmes de Machinga et Phalombe ont réglé 42 conflits et soutenu plus de 896 femmes et filles, dont 11 occupent désormais des postes de direction.
L’animatrice du Cercle de paix, Brenda Charly, témoigne : autrefois sans ressources, elle cultive aujourd’hui des tomates et du maïs rouge, ce qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille.
« Ce cercle m’a sauvée », confie-t-elle. « Nous nous soutenons, nous partageons nos idées et avançons ensemble. Je ne me contente plus de survivre, je construis un avenir. »
À Mizinga, Ednah Zuze a facilité la médiation de dizaines de différends en adoptant une approche inclusive intégrant les personnes handicapées et les chefs religieux. Depuis mars 2025, son action a touché plus de 900 membres de la communauté.
« Les femmes doivent assumer ces rôles, car nous sommes souvent les plus affectées par les conflits », souligne-t-elle. Ajoutant : « Aujourd’hui, notre présence même dissuade les affrontements. »
Avec le soutien continu d’ONU Femmes et du WPHF, plus de 60 animateurs ont été formés à la prévention des violences basées sur le genre, à la consolidation de la paix et à la réponse humanitaire.
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