Le gouvernement égyptien impose des mesures de sobriété pour contenir la hausse des coûts du gaz, révélant la fragilité du modèle énergétique.
Le gouvernement égyptien a annoncé une série de mesures exceptionnelles visant à réduire la consommation d’énergie, dans un contexte marqué par une forte hausse des coûts d’importation du gaz naturel. À partir du 28 mars, commerces et restaurants devront fermer à 21h, avec une extension à 22h les jeudis et vendredis, pour une durée initiale d’un mois, selon les autorités. Cette décision intervient alors que les tensions régionales perturbent les flux énergétiques, notamment autour du détroit d’Ormuz.
Cette réponse d’urgence traduit la vulnérabilité croissante du système énergétique égyptien. Pays importateur, l’Égypte fait face à une hausse rapide de sa facture énergétique, le coût mensuel des importations de gaz passant de 560 millions à 1,65 milliard de dollars. Une telle évolution met sous pression les finances publiques et limite les marges de manœuvre budgétaires, dans un contexte déjà marqué par un endettement élevé et une monnaie affaiblie.
Face à cette situation, l’exécutif privilégie des mesures administratives directes. Outre la réduction des horaires d’ouverture, les autorités imposent l’extinction des panneaux publicitaires et la fermeture anticipée de certaines administrations. L’introduction du télétravail partiel dans la fonction publique, ainsi que le report de projets gourmands en diesel, confirment une stratégie centrée sur la réduction immédiate de la demande, plutôt que sur des ajustements structurels de l’offre énergétique.
Ce choix met en lumière les limites des politiques énergétiques menées ces dernières années. Malgré des investissements dans le gaz et les infrastructures, la dépendance aux importations expose le pays aux chocs extérieurs. Les autorités reconnaissent implicitement ce déséquilibre en justifiant ces mesures par la volonté d’éviter une hausse supplémentaire des prix pour les ménages, révélant une capacité limitée à absorber les hausses sans intervention.
Les effets économiques de ces restrictions restent incertains. La réduction des horaires d’activité pourrait affecter le commerce de détail et l’économie informelle, particulièrement active en soirée. Les organisations professionnelles évoquent déjà un impact potentiel sur les ventes, tandis que la capacité d’adaptation du tissu économique sera déterminante pour limiter les pertes à court terme.
Au-delà de l’urgence, ces décisions illustrent un basculement vers une gestion plus directive de l’économie. En intervenant directement sur les comportements de consommation, l’État cherche à contenir un choc externe sans disposer de leviers suffisants pour en atténuer durablement les effets, ce qui interroge sur la soutenabilité de cette approche si la crise énergétique devait se prolonger.
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