Le président libérien Joseph Nyuma Boakai a ordonné la réouverture immédiate de l’hôpital Phebe, dans le comté de Bong, après une grève des agents de santé qui a paralysé l’un des principaux centres hospitaliers du pays.
Le président du Libéria, Joseph Nyuma Boakai, a ordonné lundi la reprise immédiate des activités de l’hôpital Phebe, à Suakoko, dans le comté de Bong, et annoncé la création d’un comité spécial chargé de résoudre le conflit social qui a conduit à la fermeture de cet établissement de référence.
Dans un communiqué, la présidence indique que cette décision fait suite à une réunion tenue à l’Executive Mansion avec des responsables gouvernementaux, le ministère de la Santé ainsi que les représentants des Églises luthérienne, épiscopalienne et méthodiste, qui administrent conjointement l’hôpital.
Joseph Boakai a demandé à l’ensemble des agents de santé de reprendre immédiatement le travail afin de rétablir les soins dans le comté de Bong et les régions voisines. Il a également ordonné le retrait provisoire de la directrice médicale, Dr Minnie Sankawulo-Ricks, du directeur des ressources humaines, Jonathan Pewu, et de son adjoint, Peter Gbelawoe, dans l’attente d’un examen administratif.
Le comité spécial, placé sous la coordination du ministère des Affaires présidentielles, devra faire la lumière sur les causes du conflit et proposer des réformes destinées à améliorer la gouvernance et le fonctionnement de l’hôpital.
La crise trouve son origine dans un conflit social qui perdure depuis le début de l’année. Les employés accusent la direction de mauvaise gouvernance, dénoncent des disparités salariales, des conditions de travail dégradées et réclament le départ de plusieurs responsables administratifs. Après plusieurs mois de médiation infructueuse, ils avaient lancé le 6 juillet une grève illimitée, estimant que les autorités n’avaient pas répondu à leurs revendications.
Le mouvement a fortement perturbé les services de cet hôpital, l’un des plus importants centres de référence du Libéria central, accueillant des patients des comtés de Bong, Lofa, Nimba et Grand Bassa. La fermeture a entraîné le report de nombreuses consultations, interventions chirurgicales et prises en charge d’urgence, tandis que les malades étaient redirigés vers d’autres structures déjà saturées.
Au cours de la crise, plusieurs dirigeants du syndicat des travailleurs ont été arrêtés avant d’être remis en liberté sous caution, tandis que des habitants de Suakoko ont manifesté pour réclamer la réouverture rapide de l’établissement.
Le président Boakai a enfin rappelé que la santé demeure une priorité de son administration et a exhorté l’ensemble des parties prenantes à préserver les établissements de santé de toute considération politique afin d’assurer la continuité des soins à la population.
AC/APA







