Deux semaines après l’indépendance du Congo, les Nations Unies franchissent un cap décisif en adoptant une résolution qui ouvre la voie au déploiement d’une force internationale. Cette intervention marque le début de l’une des plus vastes opérations de maintien de la paix de l’ONU et fait de la crise congolaise un enjeu majeur de la Guerre froide.
Le 14 juillet 1960, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 143, première décision internationale majeure consacrée à la crise qui secoue le Congo indépendant depuis le 30 juin. Le texte demande à la Belgique de retirer ses troupes du territoire congolais et autorise le secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld, à fournir une assistance militaire au gouvernement de Léopoldville.
Cette résolution intervient dans un contexte de forte instabilité marqué par la mutinerie de la Force publique, l’intervention de troupes belges et la proclamation, le 11 juillet, de la sécession de la province minière du Katanga par Moïse Tshombe. Face à la dégradation rapide de la situation, le Premier ministre Patrice Lumumba et le président Joseph Kasa-Vubu sollicitent l’appui des Nations Unies afin de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale du nouvel État.
En application de la résolution 143, les Nations Unies mettent en place l’Opération des Nations Unies au Congo (ONUC), qui deviendra l’une des plus importantes missions de maintien de la paix de l’organisation. Des contingents africains, asiatiques et européens sont progressivement déployés pour accompagner le retrait des forces belges et contribuer au rétablissement de l’ordre.
L’adoption de cette résolution internationalise la crise congolaise, qui devient rapidement l’un des principaux théâtres africains de la Guerre froide. Les divergences entre les grandes puissances autour de l’avenir du Congo se traduisent par une implication croissante des acteurs extérieurs dans les affaires du pays.
Déployée jusqu’en 1964, l’ONUC joue un rôle déterminant dans la préservation de l’intégrité territoriale du Congo, notamment lors de la fin de la sécession katangaise en 1963. La mission n’empêche toutefois pas les profondes crises politiques qui marquent les premières années de l’indépendance, dont l’arrestation puis l’assassinat de Patrice Lumumba en janvier 1961.
Le 14 juillet 1960 demeure ainsi une date majeure de l’histoire contemporaine africaine, marquant le début de la première grande intervention des Nations Unies dans un État africain nouvellement indépendant et l’internationalisation durable de la crise congolaise.
Sf/APA







