Une vidéo devenue virale a mis le feu aux poudres. Le pasteur ivoirien David Jérémie Koffi, retient désormais l’attention des autorités judiciaires. Lors d’un sermon récent, le guide spirituel s’est ouvertement réjoui de la disparition du colonel-major Fofié Kouakou, ancien chef de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), décédé le 9 août 2026.
L’interpellation du leader religieux David Jérémie Koffi secoue la toile et la communauté chrétienne ivoirienne. En ciblant la mémoire de l’officier défunt et en annonçant un décès « one by one (un par un) » des ex-chefs rebelles, le fondateur de l’église Christ Family Ministry fait face à des accusations judiciaires.
« Tout à l’heure, quelqu’un m’a envoyé un message disant qu’il y a un chef commandant rebelle qui vient de mourir, du nom de Fofié. Je ne sais pas si c’est vrai ou si c’est faux. Ça continue seulement, one by one (ndlr : un par un) », a déclaré le pasteur devant ses fidèles.
Ces propos, massivement relayés sur les réseaux sociaux, ont immédiatement suscité l’indignation générale. De nombreux internautes dénoncent un « évangile de la revanche » et fustigent la transformation des chaires religieuses en tribunaux médiatiques.
Au-delà de la polémique morale, l’affaire prend une tournure strictement judiciaire. Selon des experts juridiques, l’utilisation d’une tribune religieuse pour jeter le discrédit sur le passé d’une autorité militaire dépasse le cadre légal de la liberté d’expression et de culte.
L’acte pose un risque direct de trouble à l’ordre public et d’incitation à la haine, en ravivant de vieilles fractures politico-militaires. Plusieurs qualifications pénales pourraient être retenues par la justice ivoirienne contre le pasteur David Jérémie Koffi.
Le pasteur s’expose à des poursuites pour injure publique, outrage à corps constitué et infraction de diffusion, car ses propos tenus en public nuisent à la mémoire du défunt, jettent l’opprobre sur l’armée et menacent la cohésion nationale.
L’arrestation du prélat marque la volonté des autorités de freiner les dérives discursives dans les lieux de culte, alors que le pays cherche à préserver sa stabilité et son unité nationale. L’enquête en cours devra déterminer la suite des poursuites pénales.
AP/APA







