Le gouvernement burkinabè a consenti en 2025 une enveloppe de plus de 11 milliards FCFA pour le reclassement de 36 670 fonctionnaires, dans le cadre de l’apurement de sa dette sociale, a rapporté l’hebdomadaire économique, L’Economiste du Faso.
L’État burkinabè a engagé un montant global de 11 milliards 364 millions 727 986 FCFA pour honorer ses engagements relatifs aux avancements de classe des fonctionnaires, au titre de l’année 2025, selon des données communiquées à la Commission des finances et du budget (COMFIB) de l’Assemblée législative de transition (ALT).
Cette opération s’inscrit dans la mise en œuvre d’une décision adoptée en Conseil des ministres le 30 juillet 2025, portant application des avancements de classe conformément à la loi n°081-2015/CNT du 24 novembre 2015 relative au statut général de la Fonction publique d’État.
Initialement, l’incidence financière de cette mesure était estimée à 9 milliards 658 millions 555 601 FCFA pour un effectif total de 36 670 agents, dont 367 éligibles au passage à la 3e classe et 36 303 à la 2e classe. Toutefois, cette projection a été revue à la hausse pour atteindre plus de 11,3 milliards FCFA, soit une charge supplémentaire prévisionnelle de 1 milliard 706 millions 172 385 FCFA.
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, cette réévaluation s’explique par un amendement introduit par le ministère en charge de la Fonction publique. Celui-ci a consisté à avancer d’une année la date d’effet des avancements initialement prévue en 2021 et 2023 pour certains contingents d’agents recrutés avant 2012 et progressant en année impaire. Cet ajustement a mécaniquement accru l’impact budgétaire de la mesure.
À la date du 11 novembre 2025, 31 904 actes d’avancement avaient été pris par le ministère de tutelle, soit un taux de réalisation administrative de 87 %. Sur le plan financier, la mise en paiement a débuté en octobre 2025, dès la disponibilité des premiers actes.
Au 5 décembre 2025, 7.869 agents avaient déjà bénéficié du traitement effectif de leurs rappels, représentant un taux de traitement de 21,46 %. Le montant des rappels versés s’élève à 2 milliards 086 millions 079 139 FCFA, correspondant à un taux d’exécution financière de 18,36 %.
Le gouvernement précise que la constatation financière des actes d’avancement relève des ministères et institutions d’attache des agents, à travers leurs circuits autonomes de gestion salariale impliquant les ressources humaines, les services d’ordonnancement et les trésoreries ministérielles.
Au Burkina Faso, la dette sociale de l’État couvre principalement l’apurement des indemnités dues à certains corps, notamment le personnel enseignant, ainsi que les avancements de classe. Les autorités assurent que ce processus participe de la normalisation des relations avec les partenaires sociaux et du respect des engagements pris lors des concertations tenues en 2025.
Ho/Sf/APA







