Le Parlement algérien entérine une répartition des sièges présentée comme plus équilibrée, à l’approche du scrutin du 2 juillet.
Le Conseil de la nation a adopté, mardi, le projet de loi fixant les circonscriptions électorales et le nombre de sièges à pourvoir au Parlement algérien, quelques jours après son adoption par l’Assemblée populaire nationale (APN). Défendu par le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, le texte est présenté comme un ajustement technique destiné à aligner la représentation parlementaire sur les évolutions démographiques et le nouveau découpage territorial.
Si les autorités mettent en avant «une représentation électorale plus équilibrée», la révision intervient dans un calendrier resserré, à quelques semaines des élections législatives du 2 juillet, ce qui limite de facto le débat public et l’appropriation du nouveau dispositif par les acteurs politiques. Le caractère rapide de l’adoption alimente ainsi des interrogations récurrentes sur les conditions d’élaboration des règles électorales et leur stabilité.
Sur le plan technique, la loi introduit une augmentation du nombre de circonscriptions, passant de 58 à 69, tout en fixant le nombre total de sièges à l’APN à 407, dont 395 pour le territoire national et 12 pour la diaspora. Le mode de calcul repose désormais sur un siège pour 120 000 habitants, avec un minimum de deux sièges pour les wilayas les moins peuplées, contre trois auparavant. Une évolution qui, sous couvert d’ajustement démographique, modifie sensiblement les équilibres de représentation.
Ce réaménagement s’accompagne également d’une modification de la composition du Conseil de la nation, dont le nombre de membres passe de 174 à 177. Le maintien du tiers présidentiel — désormais 59 membres désignés — continue toutefois de soulever des réserves quant à l’équilibre institutionnel, dans un système où l’exécutif conserve une influence significative sur la chambre haute.
Au-delà des paramètres techniques, ce texte s’inscrit dans une série de réformes institutionnelles plus larges, incluant la révision annoncée des codes communal et de wilaya. Toutefois, l’absence d’indications précises sur leur calendrier d’adoption entretient un flou sur la cohérence globale de l’architecture électorale.
Dans ce contexte, la réforme adoptée apparaît autant comme une mise à jour administrative que comme un instrument de recomposition politique, dont les effets concrets dépendront de sa mise en œuvre et du niveau de participation lors du scrutin.
MK/AK/Sf/APA







