L’aide publique au développement (APD) a connu, en 2025, une baisse sans précédent, principalement imputable aux plus grands donateurs mondiaux, selon un communiqué publié mercredi par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
D’après l’OCDE, le recul global de l’APD est largement dû aux cinq principaux fournisseurs du Comité d’aide au développement (CAD) : l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et la France. À eux seuls, ces pays concentrent 95,7 % de la baisse.
Les États-Unis expliquent, à eux seuls, près des trois quarts de ce déclin, avec une chute record de 56,9 % de leur contribution. À l’inverse, l’Allemagne devient, pour la première fois, le premier bailleur du CAD, avec 29,1 milliards de dollars.
L’OCDE souligne que les coupes ont particulièrement affecté l’aide bilatérale ainsi que les financements destinés au système des Nations Unies. L’APD bilatérale a ainsi chuté de 26,4 %, tandis que l’aide multilatérale a reculé de 12,7 %. Les contributions de base aux Nations Unies enregistrent une baisse historique de 27 %, alors que les financements à destination de la Banque mondiale et des banques régionales de développement ont progressé.
Par ailleurs, l’aide destinée aux programmes de développement, incluant les projets et la coopération technique, a connu une contraction record de 26,3 %, marquant une rupture avec la dynamique de croissance observée entre 2019 et 2023. L’aide humanitaire n’est pas épargnée, avec une baisse de 35,8 %, tandis que les dépenses liées à l’accueil des réfugiés dans les pays donateurs diminuent également.
Le rapport met aussi en évidence une réduction significative des flux vers certaines régions prioritaires. L’APD bilatérale à destination de l’Ukraine a chuté de 38,2 %, celle destinée aux pays les moins avancés de 25,8 % et celle vers l’Afrique subsaharienne de 26,3 %. Malgré cela, l’Ukraine reste le premier bénéficiaire mondial, avec 44,9 milliards de dollars, notamment grâce aux contributions des institutions européennes.
Dans ce contexte, l’OCDE met en garde contre une tendance durable à la baisse. Après une progression de 32,7 % entre 2019 et 2023, l’APD a reculé de 6,1 % en 2024, puis de 23,1 % en 2025, tombant en dessous de son niveau de 2019. Les projections annoncent une nouvelle diminution de 5,8 % en 2026, sur fond de contraintes budgétaires et de tensions géopolitiques croissantes.
L’organisation s’inquiète des conséquences de ces reculs sur les pays en développement, notamment en matière de financement du développement et de capacité à mobiliser des investissements durables.
ARD/te/Sf/APA







