Réuni avant-hier en session ordinaire, le Conseil national du FFS, par la voix de son Premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, a exhorté les Algériens à « faire des prochaines élections un moment de vérité ». Selon lui, ces législatives « peuvent transformer la politique de la force en force de la politique », à condition que le scrutin permette l’émergence d’assemblées « réellement représentatives » capables de « contrôler le pouvoir exécutif et de défendre l’intérêt national ».
Mais dans un pays où les institutions sont dominées par l’appareil présidentiel et militaire, l’appel du FFS résonne surtout comme un avertissement.
Le parti d’opposition historique, l’un des plus anciens du pays, continue de dénoncer le manque d’ouverture du système.
« La démocratie ne se décrète pas, elle se construit », a martelé Youcef Aouchiche, plaidant pour « une refondation profonde de l’État national, basée sur la confiance, la justice et la participation citoyenne ». Son discours, empreint d’idéalisme, rappelle la longue tradition réformiste du FFS, mais souligne aussi l’impasse politique actuelle : un multipartisme de façade et une opposition marginalisée par la centralisation du pouvoir.
Selon Azdine Aïssaoui, président de la commission des stratégies politiques du FFS, « la persistance du code électoral dans sa version actuelle va engendrer une représentation fragile, déconnectée de la volonté populaire ».
Le parti réclame un « dialogue national inclusif et honnête », qu’il ne considère pas comme « une faveur concédée par le pouvoir », mais comme une nécessité pour restaurer la confiance entre gouvernants et citoyens. Un discours qui met en lumière la crise de légitimité des institutions et la distance croissante entre la société et l’État.
Dans le même temps, d’autres formations cherchent à se repositionner à la veille du scrutin. Le Rassemblement national démocratique (RND), proche du pouvoir, a tenu plusieurs activités à Batna et Timgad. Son secrétaire général, adoptant un ton gouvernemental, a promis « des projets structurants » pour la région, dont une usine automobile et un hôpital de 120 lits — une manière de lier discours électoral et promesses d’investissement public. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), de son côté, a axé ses réunions sur l’examen du projet de loi de finances 2026, dans une démarche plus institutionnelle que militante.
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