Le Sénégal veut accélérer la transformation de ses territoires en s’appuyant sur les capitaux et l’expertise étrangers, avec notamment une convention d’investissement de 3,5 milliards d’euros sur sept ans annoncée à Milan et plusieurs partenariats explorés en France dans les domaines du logement, de l’aménagement urbain et des infrastructures.
Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana, a conduit, du 9 au 15 septembre 2026, une mission en Italie et en France destinée à rechercher de nouveaux financements et à renforcer les partenariats autour des projets urbains du Sénégal.
À Milan, le ministère a conclu une convention d’investissement de 3,5 milliards d’euros sur sept ans avec le Groupe IDA International et la Fondation THESAN. Ce montant représente environ 2 300 milliards de FCFA.
Un premier projet pilote, évalué à 50 millions d’euros, doit être engagé dans l’immédiat, selon les informations communiquées par le ministère. Le dispositif financier annoncé prévoit des mécanismes de traçabilité des fonds ainsi que des garanties institutionnelles destinées à encadrer les investissements.
La mission italienne a également permis d’établir des contacts avec plusieurs entreprises siciliennes actives dans la construction et la production de matériaux. Ces acteurs ont manifesté leur intérêt pour le marché sénégalais, tandis que des possibilités de coopération ont été identifiées dans l’immobilier, le transport, la recherche scientifique et la numérisation du foncier et de la fiscalité.
En France, la délégation sénégalaise s’est rendue, le 14 septembre, à Villeneuve-d’Ascq, au siège du groupe Auchan. Les discussions avec Auchan, Nhood et Projex ont porté notamment sur la rénovation urbaine, la transformation des zones périphériques, les villes nouvelles et les projets associant logements, commerces et services.
Le déficit de logements au Sénégal constitue l’un des principaux axes de ces discussions. Une équipe de Nhood et Projex est attendue prochainement au Sénégal pour examiner les possibilités de collaboration et identifier des sites susceptibles d’accueillir de futurs projets.
Le ministère a également annoncé une invitation à la rencontre internationale des investisseurs prévue à Cannes en mars 2027.
La dernière étape de la mission, à Paris, a été consacrée au projet d’écoquartier de Thiès, auquel sont associés le Groupe Alpha, Build Africa, Manergy et le groupement NGE-TSO-SADE.
Le projet couvre une superficie de 1 600 hectares et prévoit, dans une première phase, la réalisation de 2 000 logements à partir de janvier 2027. Il doit intégrer des infrastructures, des solutions de mobilité, des équipements énergétiques, des dispositifs de gestion de l’eau, des espaces verts et des activités économiques.
Les promoteurs envisagent notamment l’utilisation du mortier local baptisé « Teranga », fabriqué à partir de silexite et de phosphogypse. Le ministère estime que cette solution pourrait permettre de réduire jusqu’à 75 % les coûts liés à la voirie et aux réseaux divers.
Le futur écoquartier devrait également intégrer un réseau de froid urbain combinant la récupération de chaleur industrielle et l’énergie solaire photovoltaïque. La réutilisation des eaux usées traitées pour l’entretien des espaces verts, le maraîchage et la pisciculture figure aussi parmi les options retenues.
Une réflexion est en outre engagée sur une liaison ferroviaire entre l’Aéroport international Blaise Diagne et Thiès, dans le cadre du développement de la nouvelle ville.
Pour le MUCTAT, cette démarche s’inscrit dans une stratégie visant à diversifier les mécanismes de financement du développement urbain, notamment à travers la mobilisation du foncier, les investissements directs étrangers et les partenariats public-privé.
La mission intervient alors que le Sénégal cherche à répondre à une demande croissante en logements et à accompagner l’extension de ses principaux pôles urbains. Le projet de Thiès doit ainsi servir de laboratoire pour des modèles d’aménagement intégrant habitat, mobilité, infrastructures, activités économiques et solutions environnementales.
Le ministre Moussa Bala Fofana affirme que cette politique doit permettre de mieux orienter les investissements vers des projets structurants et de renforcer les capacités nationales dans les secteurs de l’urbanisme, de la construction et de l’aménagement du territoire.
TE/Sf/APA





