Les autorités seychelloises ont installé la commission chargée de superviser l’application des recommandations de la Commission Vérité, Réconciliation et Unité nationale (TRNUC), qui avait enquêté sur les violations des droits humains commises autour du coup d’État de 1977.
George Bibi a été nommé président de la nouvelle commission de suivi des recommandations de l’enquête sur les violations des droits humains commises autour du coup d’État de 1977 aux Seychelles, tandis que Jacques Koui Gbilimou en assure la vice-présidence. Les membres de la commission ont prêté serment devant le président Patrick Herminie à la State House, avant de tenir leur première réunion jeudi.
La nouvelle commission aura notamment pour mission de suivre la mise en œuvre des mesures de réparation et des réformes préconisées par la TRNUC, qui a mené ses travaux entre 2018 et 2022.
Mise en place sous la présidence de Danny Faure, la TRNUC avait enquêté sur les violations commises pendant et après le coup d’État de juin 1977, qui avait renversé le président James Mancham, moins d’un an après l’indépendance des Seychelles vis-à-vis du Royaume-Uni.
Le coup d’État avait porté au pouvoir les partisans de France-Albert René et ouvert une longue période de régime à parti unique, qui ne prendra fin qu’en 1993 avec le retour au multipartisme.
Dans son rapport final, la TRNUC a documenté plusieurs cas d’homicides illégaux, de disparitions forcées, de répression et de violences sexuelles. Elle a notamment recommandé le versement de réparations financières aux survivants de viols, l’ouverture d’une enquête indépendante sur les abus liés au programme des Services nationaux de la jeunesse ainsi que le renforcement de l’éducation publique contre la stigmatisation.
La commission avait également préconisé des mesures destinées à prévenir l’exploitation sexuelle et les violences faites aux femmes.
Au-delà des violations directement liées au coup d’État, la TRNUC avait mis en évidence les effets persistants de l’esclavage et de la période coloniale sur les divisions sociales et raciales du pays. Elle estimait que le coup d’État et la répression qui l’avait suivi avaient durablement affecté la consolidation de la démocratie et la protection des droits humains aux Seychelles.
La nouvelle commission devra ainsi transformer les recommandations issues de ce processus de justice transitionnelle en mesures concrètes de réparation, de réforme et de suivi.
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